Un enfant a reçu une greffe de peau génétiquement modifiée sur 80 % de son corps

Il existe une maladie génétique rare de la peau appelée EBJ pour épidermolyse bulleuse jonctionnelle. Elle rend l’épiderme extrêmement fragile. Les personnes qui en sont atteintes ne peuvent donc pas, par exemple, se gratter ou se frotter la peau. Dans certains cas, elle peut être contrôlée. Toutefois, il arrive que les patients en meurent. C’est ce qui allait arriver à un jeune garçon de sept ans sans l’intervention de Michele de Luca, un expert en greffe de peau.

Le garçon était dans un état critique. Plus de deux tiers de la surface de sa peau était infectés. Les médecins de l’hôpital des enfants de l’Université de la Ruhr étaient pessimistes en ce qui concernait son avenir. Ils avaient déjà tenté un puissant traitement antibiotique. Ils ont également essayé de lui greffer la peau de son père, mais ils ont échoué.

Peau

Ce sont finalement des cellules souches génétiquement modifiées qui ont sauvé le malheureux. Une superficie de quatre-vingts pour cent de son épiderme a été reconstituée. D’après la revue Nature, il était sorti de l’hôpital en février 2016.

Une nouvelle technique de traitement

Michele de Luca est un spécialiste dans la reconstitution de la peau à travers des cellules souches. Il dirige également le Centre de médecine régénérative de Modène, en Italie. Il est le précurseur d’une nouvelle technique de traitement. Celle-ci consiste à attacher des greffes de peaux génétiquement modifiées au derme.

Ainsi, le garçon avait d’abord subi un prélèvement de cellules sur la partie restante de sa peau. Celles-ci ont ensuite été associées à un gène appelé LAMB3. Ce dernier a notamment pour rôle d’assurer l’adhérence de l’épiderme au derme. Avant d’être implantées au jeune patient, les cellules génétiquement modifiées ont d’abord été placées en culture in vitro.

Aujourd’hui, il peut jouer au foot

Évidemment, un suivi strict a été nécessaire. Finalement, l’opération s’avère être un succès.  Après avoir passé de longs mois dans son lit d’hôpital, le jeune garçon va maintenant à l’école. Il est également capable de jouer au football avec les enfants de son âge. De plus, il n’a plus besoin de prendre des antidouleurs.

« Son épiderme est actuellement stable et robuste, et ne nécessite pas de pommade ou de médicaments », a déclaré l’équipe de Michele de Luca.

Pour rappel, l’EJC est une maladie héréditaire qui existe partout dans le monde. Toutefois, c’est une pathologie rare qui n’atteint que moins d’un million d’individus.

Mots-clés médecinesanté