Un Français condamné pour l’exploitation d’un site illégal de streaming

Malgré l’avènement des plates-formes de SVOD, qui proposent de conséquents catalogues pour un faible prix, le streaming illégal a encore de beaux jours devant lui. Il faut dire qu’avec l’offre fragmentée sur plusieurs services, les internautes n’ont pas forcément les moyens de s’abonner à la fois à Netflix, Apple TV+, Amazon Prime Video, OCS… Un terreau fertile pour les créateurs de sites illégaux diffusant des séries. Et parmi les plus populaires, on trouvait notamment Seriefr.eu, imaginé par un jeune homme de Doubs qui se retrouve aujourd’hui jugé pour la création de cette plate-forme illégale.

C’est au tribunal correctionnel de Besançon que le jugement a été rendu mercredi dernier.

Le piratage fait toujours des émules

Crédits Pixabay

L’homme a été condamné à de la prison avec sursis comme le rapporte Ouest-France.

Six mois de prison avec sursis pour la gestion de Seriefr.eu

C’est jusqu’à 2 millions de vidéos qui étaient hébergées sur la plate-forme.

Un chiffre astronomique et un site créé par un jeune homme de 23 ans, étudiant en informatique, en 2016. On trouvait en tout 29000 épisodes de 479 séries sur Seriefr.eu. Face à l’illégalité de la plate-forme, le tribunal correctionnel de Besançon a condamné ce fils de maçon à une peine de six mois de prison avec sursis – en novembre dernier, 8 mois de prison avec sursis avaient été requis par la procureure.

Trois personnes ont également été jugées puisque ces dernières étaient payées pour héberger des séries sur la plate-forme – elles devront payer 2000 euros d’amende avec sursis selon le même tribunal.

Pour sa défense, le jeune homme a expliqué avoir crée Speedvid en 2014 pour un usage domestique, sans même vouloir « pirater des séries ». Selon Ouest-France, l’homme est « discret » et « passionné par l’informatique ». Mais suite à la création du site, le jeune homme a décidé d’ouvrir un réseau d’autres sites pour permettre le visionnage de vidéos et héberger des séries illégalement contre rémunération. Le jeune homme versait jusqu’à 10000 dollars à ses trois complices évoqués précédemment – une agent immobilière et deux informaticiens, respectivement âgés de 22, 24 et 37 ans, se décrivant comme attirés « par l’argent facile ».

C’est 200000 euros qui auront été perçus par le jeune homme et 30000 euros en cryptomonnaie. Une audience portant sur les intérêts civils et le dédommagements aura lieu le 2 avril prochain. Côté parties civiles, on trouve de puissantes multinationales avec Disney, Warner, Paramount ou encore la Fox mais aussi la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique et le Syndicat de l’édition vidéo numérique.