Un groupe d’Homo sapiens a laissé ses empreintes en Arabie Saoudite il y 120 000 ans

Grâce à des empreintes retrouvées dans le désert de Nefud, sur le site de l’ancien lac Alathar, Mathew Stewart, de l’Institut Max Planck (Allemagne), et ses compères suggèrent qu’il y a 120 000 ans, un groupe d’Homo sapiens s’est arrêté pour boire et manger. Pour information, l’Arabie Saoudite était en ce temps-là un endroit vert rempli de rivières et de lacs.

Apparemment, ces Homo sapiens, qui voyageaient depuis l’Afrique vers l’Eurasie, n’y seraient pas restés longtemps. En effet, aucun outil en pierre n’a été retrouvé sur le site, ce qui conforte l’hypothèse selon laquelle ces derniers étaient seulement de passage, selon les paléontologues.

Des empreintes laissées sur les dunes d'un désert

Photo de Peter Arvell. Crédits Pixabay

Notons que pour dater ces traces de pas, les chercheurs ont utilisé la luminescence stimulée optique, une technique consistant à envoyer de la lumière sur des grains de quartz afin de mesurer de la quantité d’énergie que ces derniers émettent. Les chercheurs ont alors retrouvé 7 empreintes qui appartiennent apparemment aux membres de ce groupe.

Un groupe d’Homo sapiens en vadrouille

D’après les chercheurs, les sept empreintes retrouvées appartiennent à des Homo sapiens. Différents détails, tels que la distance qui les sépare ou leur orientation, révèlent que les traces de pas sont celles de 3 ou 4 Homo sapiens qui voyageaient ensemble.

Comme le précise Stewart, cet endroit aurait donc été un point de ravitaillement important pour les Homo sapiens, qui se propageait alors hors de l’Afrique.

Il est fort probable qu’ils y venaient aussi chasser et se désaltérer, parmi les nombreux animaux qui fréquentaient le site. Les chercheurs pensent notamment à des chameaux, des buffles ou encore des éléphants.

L’Arabie Saoudite n’était pas toujours un désert

Apparemment, l’Arabie Saoudite était autrefois une région particulièrement verte où les ressources en eau étaient abondantes. C’est d’ailleurs pour cette raison que le site était supposé avoir été fréquenté par tout un cortège d’animaux. Ce qui faisait bien les affaires des Homo sapiens.

Comme le précise Richard Clark-Wilson, du Royal Holloway de l’Université de Londres, le nord de l’Arabie Saoudite, et ce site par la même occasion, était un point stratégique pour boire, manger et peut-être même chasser, pour les Homo sapiens durant leurs périples.

Cette découverte a été publiée dans la revue Science Advances.