Un guide pour en finir avec le gaspillage technologique

Les nouvelles technologiques sont omniprésentes dans notre environnement et leur nombre n’a jamais cessé de croître. L’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe) a publié un guide pour adopter les bonnes pratiques pour éviter le gaspillage informatique.

Baptisé « Les écogestes informatiques au quotidien », c’est un recueil complet qui analyse le marché technologique et informe le public grâce à des données qui détaillent l’impact écologique des actions que nous effectuons chaque jour.

Car les écogestes concernent le matériel en lui-même, mais également toutes les choses faites grâce à celui-ci.

L’hyperconsommation technologique

Lors de l’utilisation d’un ordinateur, nous avons tous conscience de l’impact énergétique de sa fabrication, de son fonctionnement grâce à son branchement énergétique, mais il nous est difficile d’imaginer la consommation plus abstraite du web, de l’envoi d’un mail ou bien d’un téléchargement.

En effet, comme le précise Bela LOTO HIFFLER, auteur du guide, « un mail avec un document d’un méga-octet en pièce jointe consomme l’équivalent d’une ampoule allumée pendant une heure ». Ce même mail peut effectuer 15 000 kilomètres pour parvenir à son destinataire. Ainsi, chaque courrier électronique émet 20 grammes de CO2 pour arriver à destination.

Et quand on pense aux milliards de mails qui transitent chaque jour, on imagine la quantité considérable de CO2 rejetée au quotidien. Les techniques de l’information et de la communication (TIC) ont révolutionné notre mode social et facilité les échanges, avec un coût énergétique majeur, difficilement concevable du fait de son côté abstrait.

En attendant, les Français possèdent 160 millions de produits informatiques, 74 millions de mobiles et 86 millions d’ordinateurs, tablettes, et autres objets divers. Chaque année, ils achètent 25 millions de téléphones et 10 millions d’appareils informatiques supplémentaires, ce qui conduit à une production de 30 000 tonnes de déchets électriques et électroniques chaque année.

Sans compter que 83% des Français sont connectés au web et chaque foyer comprend plusieurs mobiles. Un constat alarmiste qui veut bouger les consciences pour avancer vers une écologie responsable dans un domaine peu « considéré » sur cet aspect.

Selon l’Ademe, la fabrication d’un ordinateur requiert 240 kilos de combustibles fossiles, 22 kilos de produits chimiques et 1,5 tonne d’eau. Et les écrans ont besoin de terres rares, un matériau trouvé essentiellement en Chine, qui n’assure que 20 ans de réserves…

Quand on imagine la vitesse et l’importance de la production mondiale, on imagine également la quantité colossale de déchets produits et de « gaspillage » de nos énergies non renouvelables.

Et l’obsolescence programmée dans tout ça ?

Les innovations présentées par les constructeurs vont heureusement de plus en plus dans le sens d’une éco responsabilité. Leurs recherches aboutissent à de nombreuses trouvailles pour utiliser les énergies renouvelables et réduire la pollution globale. Chaque jour, de nouveaux concepts allant dans ce sens voient le jour.

L’industriel a pour responsabilité d’allonger la durée de vie des produits pour réduire ce gaspillage, et annihiler ainsi le concept hypocrite d’obsolescence programmée. Voici mon article à ce propos ici. Mais le consommateur a lui aussi la responsabilité d’effectuer des achats « réfléchis » pour renoncer à renouveler son équipement fréquemment et prendre soin de son matériel pour le faire perdurer.

Les appareils connectés consomment en moyenne pour un ménage 800 kWh par an, soit 40% de la dépense électrique hors chauffage précise Roland Marion, ingénieur à l’Ademe. Bien évidemment, ce chiffre ne fera qu’augmenter, notamment à cause du Wifi omniprésent et des box et décodeurs qui accentuent la consommation électrique. Surtout qu’ils restent très souvent allumés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

C’est pourquoi une excellente solution existe et elle est très simple, éteindre les produits lorsqu’ils ne sont pas utilisés. L’ingénieur précise qu’une box éteinte représente 20 euros d’économisés par an. Une petite somme à additionner à tous les autres produits qui nous entourent.

Mais hormis cette minuscule manne financière, c’est surtout le geste pour la planète qui compte. Car les 13 millions de français qui passent 200 jours par an dans des bureaux pourraient avoir un impact positif si plusieurs mesures simples étaient appliquées.

Par exemple, mettre l’ordinateur en veille ou l’éteindre, éteindre les lumières inutilisées, supprimer les économiseurs d’écrans animés, limiter le nombre de programmes ouverts, éviter les pièces jointes lourdes… une multitude de petites actions toujours moins gourmandes en énergies.

C’est pourquoi l’Ademe va diffuser son excellent guide à plus grande échelle pour informer et responsabiliser les entreprises sur un aspect souvent négligé. Et n’oublions pas les imprimantes souvent utilisées à profusion pour des papiers peu utilisés et 16% des feuilles imprimées jamais lues !