Un homme est poursuivi pour avoir liké un post sur Facebook

Facebook n’est clairement pas une zone de non-droit. Pour preuve, un homme âgé de quarante-cinq ans a dû comparaître en justice pour avoir cliqué sur le bouton « j’aime » de plusieurs commentaires laissés sur la plateforme. Il a notamment été accusé d’avoir propagé des propos racistes et antisémites. L’affaire a été relayée par le Tages-Anzeiger et elle a fait beaucoup de bruit en Suisse.

Tout a commencé lorsque le quadragénaire a “liké” un commentaire accusant l’association Vereins gegen Tierfabriken (VgT) et son président Erwin Kessler de racisme et d’antisémitisme.

Poursuites Facebook

Un internaute suisse est poursuivi pour avoir “liké” des commentaires.

Cette association est peu connue en France, mais elle est assez réputée en Suisse et elle se bat ainsi depuis plusieurs années pour la cause animale. Elle s’est ainsi opposée à plusieurs reprises aux usines d’animaux.

Tout a commencé par une querelle dans les sphères véganes

Erwin Kessler, son président, fait pour sa part l’objet de vives critiques depuis plusieurs mois. De nombreuses personnes l’accusent en effet d’avoir des contacts avec des négationnistes et avec des néo-nazis. En conséquence, de nombreuses associations ont totalement rompu leurs rapports avec VgT.

L’homme est pour sa part un végane convaincu, mais il ne porte pas le président de cette association dans son cœur et il a ainsi “liké” pas moins de huit commentaires publiés par plusieurs groupes de la cause animale, des groupes s’en prenant directement à Erwin Kessler.

Ce dernier n’a visiblement pas apprécié la plaisanterie, car il a décidé de le poursuivre en justice.

La plainte pour diffamation portée par le patron de VgT a été reçue par le procureur zurichois. D’après le Ministère public, en « likant » ces commentaires, l’accusé a sciemment validé leur contenu et il les a en plus fait gagner en visibilité. L’institution estime en outre que ces “likes” ont été faits dans le but de nuire, sans volonté réelle de défendre des intérêts publics ou même privés.

En conséquence, le Ministère public exige que l’accusé reçoive une peine conditionnelle de 80 jours-amendes à cent francs, avec une amende de mille francs. En plus de la double amende, celui-ci devra également assumer les frais de justice de l’accusation. L’avocat de la défense a, de son côté, évoqué la liberté d’expression et l’atteinte à l’honneur.

Erwin Kessler a déjà été condamné pour discrimination raciale

La comparution devant le Tribunal de district de Zurich devait avoir lieu lundi dernier, mais elle a été reportée. L’avocat envisage de demander un acquittement. Son argument portera notamment sur le fait que le Ministère public ait été contraint par le tribunal de lancer la procédure.

Il compte également insister sur le fait qu’auparavant, Erwin Kessler a déjà été condamné pour discrimination raciale. Il souhaite, enfin, rappeler qu’il y a huit autres cas semblables à celui de son client. Ce dernier ne devrait donc par être le seul à comparaître devant la justice.

Pour le président de VgT, « un acquittement serait une porte ouverte à la calomnie sans que les personnes impliquées n’aient à rendre de compte. »

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