Un Jour Bien Ordinaire : un court métrage d’Ovidie sur le sexisme dans le porno

La plupart des amateurs de films pornos ignorent les conditions de travail des actrices de films pour adultes. Etre une femme et travailler dans le porno est une lutte quotidienne. En dehors des critiques dont elles sont la cible, les femmes sont également victimes de sexisme ordinaire dans le milieu du porno.

Pour attirer l’attention du public sur ce phénomène, la réalisatrice Ovidie, aussi connue pour être une des pionnières du porno féministe en France, a décidé d’écrire un court métrage dans lequel elle dénonce le sexisme dans le porno.

crédits Pixabay

Ce film, intitulé « Un Jour Bien Ordinaire, » a été diffusé le 8 mars 2020 à l’occasion de la journée internationale des femmes sur Canal+.

Un court métrage qui s’inspire du vécu d’Ovidie

Ovidie a co-réalisé ce court-métrage avec Corentin Coёplet. Dans ce film, la réalisatrice se livre et nous raconte une partie de sa vie d’actrice porno. Elle a choisi d’aborder son œuvre d’une façon différente avec « une inversion des pouvoirs et des genres. » On y voit le personnage principal, incarné par Benjamin Biolay, évoluer dans un milieu où les femmes dominent.

« C’est une auto-fiction sur une journée qui m’est arrivée il y a 20 ans, le 1er mai 1999. La première journée que j’ai passée sur un plateau, un plateau de film pornographique. J’avais envie que le rôle principal soit joué par un garçon dans un monde dystopique où le milieu est dirigé par des femmes. » a confié Ovidie au micro d’Europe 1.

Le sexisme ordinaire, une réalité dans le monde du porno

En optant pour cette inversion des pouvoirs, Ovidie avait un objectif bien précis : celui de choquer le public. « Il y a plein de petites agressions verbales qui passeraient crème si ça avait était une héroïne. Là, le fait que ce soit un garçon crée un sentiment d’étrangeté et on est encore plus choqué par ce qui se joue. »

La réalisatrice a opté pour une approche subtile, mais qui a certainement marqué les esprits des spectateurs. « Il n’y a rien de violent, de traumatisant, pas d’agressions sexuelles ni de violences physiques. Mais plein de violences verbales et de petites situations du quotidien. Quand on inverse les genres, on se rend compte à quel point c’est choquant. » a-t-elle déclaré.

Au casting de ce film, on retrouve également Romane Bohringer, Sophie Marie Larrouy et Pablo Cobo.

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