Et si les plantes nous aidaient à retrouver des cadavres ?

Selon un article publié dans la revue Trends in Plant Science, les plantes pourraient un jour nous être d’une grande aide pour retrouver des corps humains. Cette idée nous vient de Neil Stewart, inspiré après avoir fait un tour au Centre de recherche en anthropologie de l’Université du Tennessee (États-Unis).

Et c’est tout à fait envisageable. En effet, lorsqu’un cadavre se décompose, les microbes et les produits chimiques qu’il libère vont se libérer dans le sol, et ainsi pourvoir à l’alimentation des plantes qui se trouvent aux alentours.

Photo de Lorraine Cormier. Crédits Pixabay

Par la suite, l’observation des feuilles et de la croissance de ces plantes devrait permettre de révéler l’existence d’un corps en décomposition, moyennant différentes réactions d’absorption des éléments libérés. À noter qu’en pourrissant dans le sol, un cadavre peut apporter 17 sur 18 éléments cruciaux pour la croissance optimale d’une plante.

Des plantes indiquant la présence d’un cadavre

Lorsqu’un corps humain se décompose, la quantité abondante d’azote qu’il libère, surtout en été, pourrait modifier la couleur des feuilles des plantes environnantes. Par la suite, vu que la chlorophylle, pigment végétal vert indispensable à la photosynthèse, augmente, ces feuilles deviendront nettement plus vertes.

Donc, selon Stewart, si un cadavre se trouve près des racines d’une plante, il est fort probable que l’apparence de cette dernière en soit affectée. Les plantes absorbent aisément certains éléments comme le cadmium que l’on retrouve chez les fumeurs. Et vu que la présence de cadmium affectera grandement les cellules disposant de chlorophylle, les feuilles en seront grandement impactées.

Une méthode qui doit encore être affinée

Les plantes exotiques envahissantes, les adventices, ainsi que les grands feuillus pourraient alors être les premiers candidats pour tester cette hypothèse. Leur système racinaire étendu et leur sensibilité aux conditions environnementales changeantes, telles qu’un apport d’engrais ou d’eau, justifie ce choix.

Le plus dur sera toutefois de différencier chez ces plantes si elles ont absorbé des éléments issus d’un corps humain ou bien d’animaux en décomposition. Pour y remédier, la mise en place d’un indicateur de traces synthétiques de médicaments ou de conservateurs alimentaires pourrait faire l’affaire.

Mais avant tout, la reconnaissance des principaux critères de signalisation cadavre-sol-plante est nécessaire. Et cela doit faire l’objet de recherches plus poussées.

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