Un million de dollars pour casser le chiffrement d’iPhone ?

La fusillade de San Bernardino est la deuxième tuerie la plus meurtrière de l’histoire de la Californie. L’événement a eu lieu le 2 décembre 2015 dans la vile, près de Los Angeles. D’après le bilan, quatorze personnes ont été tuées pour une vingtaine de blessés. Durant l’enquête, le FBI a payé des hackers afin d’accéder aux données chiffrées d’un iPhone de l’un des assaillants.

En 2016, à l’occasion d’une édition de l’Apsen Security Forum de Londres, le directeur du FBI s’est exprimé à propos de l’attentat. Il devait répondre à la question concernant le montant déboursé par l’Agence pour casser la sécurité de l’iPhone C5. « Beaucoup plus que je ne gagnerai pour les 7 ans et 4 mois qu’il me reste à travailler. » avait-il répliqué.

iPhone San Bernardino

Il y a quelques jours, lors d’une audience publique, une sénatrice démocrate a déclaré que ces affirmations sont fausses. L’opération n’aurait coûté “que” neuf-cent-mille dollars au FBI.

Une source crédible ?

La sénatrice qui a fait la déclaration est Dianne Feinstein. Il faut noter qu’elle est à la tête la commission permanente du Sénat des États-Unis. Elle est en charge de la surveillance de la communauté du renseignement américain. Elle fait donc partie du « gang des huit ». C’est l’une des rares personnes du gouvernement qui a accès aux informations sur les dossiers classés top secret.

Elle pourrait ainsi être considérée comme une source crédible de par sa position. « J’ai été tellement choquée lorsque j’ai reçu la nouvelle des événements de San Bernardino. Vous avez fait des efforts dans le sens de déchiffrer le contenu de ce téléphone et le FBI a dû débourser la somme de 900 000 dollars », s’est-elle adressée à James Comey, le directeur du FBI. Se référant à l’ancien communiqué du haut responsable, Reuters estime ladite somme à 1,3 million de dollars.

Aucun commentaire

Lors de l’audience, James Comey était censé répondre à des questions concernant les activités du service de renseignement. Il devait notamment expliquer les événements qui ont eu lieu avant les élections américaines. Il en est de même sur l’information des pouvoirs de surveillance du gouvernement. Suite à la divulgation faite par la femme politique, le directeur de l’agence fédérale américaine n’a fait aucun commentaire.

Il n’a ni réfuté ni démenti ces affirmations. Alors, comment expliquer l’écart ? Qui ne dit rien consent ? S’agit-il tout simplement d’une erreur imprudente d’expression ? Serait-ce la sénatrice qui méconnaît le dossier ? En tout cas, pour l’instant, ni le bureau du directeur du FBI ni celui de la sénatrice n’ont répondu à une demande de commentaire à l’issue de l’audience.

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