Un mineur de Bitcoins risque une amende de 5,6 millions de dollars pour avoir démarré une centrale électrique sans permission

Le Bitcoin, cette crypto-monnaie qui est aujourd’hui très recherchée, n’est pas facile à obtenir. Il faut en effet une très grande quantité d’énergie pour en produire puisque le processus exige l’utilisation d’un grand nombre de puissants ordinateurs. Les compagnies qui travaillent dans ce domaine essaient ainsi de trouver une source d’énergie alternative, notamment pour ne pas surcharger le réseau électrique conventionnel et pour rester écologique. Mais cette tentative de rester correct peut parfois mener à d’autres problèmes, comme c’est le cas pour cette société basée à Vancouver.

Les résidents d’une localité située à Alberta au Canada ont été alertés par une sorte de ronronnement mystérieux qui était vraiment désagréable. En cherchant l’origine du bruit, ils ont découvert qu’il s’agissait d’une centrale électrique qui alimentait une mine de Bitcoin, et cette installation n’était connue de personne. L’infrastructure a en fait été construite par le centre de données et société de production d’énergie du nom de Link Global. Malheureusement, la compagnie n’avait pas demandé la permission avant de le faire.

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Aujourd’hui, Link Global est menacée de payer une amende de 5,6 millions de dollars par l’AUC ou Alberta’s Utilities Commission, l’organisation qui régule l’électricité et les gisements de gaz naturel.

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Une opération clandestine

Selon CBC, Link Global a démarré l’exploitation de 4 générateurs de 1,25 MW chacun l’année dernière dans le Comté de Sturgeon. Ces générateurs ont été branchés sur un puits de gaz naturel dormant. L’on sait que deux centrales ont été installées sans permission, dont l’une a tourné clandestinement pendant plus de 426 jours.

Dans une déclaration, l’AUC a indiqué qu’ils sont en train d’examiner les plaintes reçues des  propriétaires terriens ayant un rapport avec les opérations de Link Global. Ces plaintes seraient basées sur la pollution sonore et sur les infrastructures construites par la société n’ayant pas respecté les régulations imposées par Alberta. Ces régulations incluent entre autres la demande d’une autorisation au niveau de l’AUC.

L’AUC a ajouté qu’ils s’occupaient uniquement des problèmes de services publics et non de la production de Bitcoins. La commission a ainsi mené des enquêtes au niveau des centrales. Leurs enquêteurs ont suggéré des amendes pour les infractions constatées. La commission demande alors le paiement d’une amende de 1,5 million de dollars pour les gains obtenus grâce à la production d’électricité. Elle suggère également que 4 millions de dollars devraient être payés par la société pour les gains obtenus avec le Bitcoin.

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La réponse de Link Global

Stephen Jenkins, le PDG de Link Global, a réagi en reconnaissant que son entreprise a fait « quelques erreurs ». Toutefois, il a indiqué que son équipe allait produire des « faits et preuves montrant que ce qui ne sera que le deuxième ordre de dégorgement de l’AUC est injustifié ».

Jenkins reconnait que la société aurait dû consulter les résidents. Dans un e-mail, il a déclaré que son équipe avait construit les infrastructures en se basant sur leur compréhension des régulations de l’AUC. Ces dernières, selon lui, indiquent qu’ils pouvaient le faire avec une puissance de moins de 10 MW et une autoproduction. Leur erreur aurait été de ne pas avoir mieux consulté les habitants et de ne pas s’être assuré la participation de ces derniers en ce qui concerne les potentiels impacts sonores.

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