Quand un politicien indien utilise le deepfake pour sa campagne électorale

Manoj Tiwari, un politicien du parti Bharatiya Janata, a eu recours au deepfake afin de toucher un électorat plus large. Cette technique controversée, qui a déjà fait parler d’elle, a cette fois-ci été utilisée dans un but plus respectable. Toutefois, une chose est sûre, la démarche de Tiwari est une première dans la sphère politique indienne.

Le deepfake est initialement connu comme un moyen de nuire à une personnalité. Barack Obama, l’ancien occupant de la Maison-Blanche, en a d’ailleurs fait les frais en 2018.

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Crédits Pixabay

Depuis lors, il est apparu une véritable volonté d’interdire le recours à cette technique. La démarche de Tiwari donne cependant un œil nouveau sur l’utilisation possible du deepfake à des fins plus positives.

Plus étonnant encore, la vidéo de propagande de Manoj Tiwari a atteint près de 15 millions de personnes en Inde. Soit un meilleur score que sans l’utilisation du deepfake.

Une vidéo truquée pour une meilleure audience

La création de « campagnes positives » à travers l’utilisation de vidéos deepfakes est née d’un partenariat entre le parti politique de Tiwari et la firme de communication politique The Ideaz Factory. L’idée principale étant de retranscrire le discours de campagne de Tiwari, initialement écrit en anglais, vers le dialecte Haryanvi afin de toucher le maximum d’électeurs.

Sagar Vishnoi de The Ideaz Factory a alors annoncé que l’algorithme de deepfake utilisé est celui du lip-sync. Cette technique consiste à faire synchroniser le mouvement des lèvres d’une personne sur une vidéo avec des paroles issues d’un enregistrement audio. D’après Vishnoi, l’algorithme a été formé au discours de Tiwari et la voix en doublage est celle d’un acteur lisant le discours en Haryanvi.

Une lutte sur plusieurs fronts

L’utilisation de vidéos deepfakes pour la désinformation et l’usurpation d’identité a suscité une réaction vive de la part des entreprises de médias sociaux. Plusieurs d’entre elles ont ainsi décidé d’interdire l’utilisation de telles vidéos sur leurs plateformes. On pourra citer Twitter qui a pris des mesures en mars dernier, mais aussi Facebook en janvier et même Reddit qui a revu sa politique en la matière.

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Du côté des politiciens, la Californie a voté en octobre dernier un projet de loi rendant illégal le partage de vidéos deepfakes pendant les 60 jours d’une élection. En janvier, le Comité d’Éthique des États-Unis a même interdit à ses membres de publier de telles vidéos sur les réseaux sociaux et cite pour motif la violation des règles de la Chambre.

On se demande alors s’il existe réellement un impact positif, ou négatif, des deepfakes sur les élections.

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