Un robot de glace pour explorer les mondes lointains ?

L’une des plus grandes quêtes des scientifiques consiste à repérer la présence d’une forme de vie sur d’autres objets de l’univers. Pour ce faire, ils essaient d’identifier des biomarqueurs, comme l’eau. Voilà pourquoi les agences d’explorations, notamment la NASA, s’intéressent à Europe, l’une des nombreuses lunes de Jupiter. Ils font néanmoins face à un réel problème majeur pouvant compromettre toute la mission : le risque de panne du robot d’exploration utilisé.  

Heureusement, des chercheurs pensent avoir trouvé un moyen de remédier à ce problème, en tout cas pour des milieux où l’eau existe en abondance sous forme de glace. L’idée est de concevoir un astromobile qui pourrait s’auto-réparer, voire se répliquer en cas de panne. Concrètement, ils ont pensé à une structure faite essentiellement de glace. Le nouveau concept a été baptisé IceBot.

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L’étude a été réalisée par un duo de scientifiques, Devin Carroll et Mark Yim. Elle a été présentée lors de la conférence internationale 2020 de l’IEEE (Institute for Electrical and Electronics Engineers) qui s’est tenue en mois de juin.

Un couple de rovers travaillant en équipe

Le duo a expliqué que le travail qu’ils ont présenté est encore à un stade préliminaire. Ils estiment, en tout cas, que la glace est la matière la plus adaptée pour un environnement comme Europe, dont la surface est entièrement recouverte d’une glace d’une épaisseur estimée à environ 10 km.

Carroll et Yim se sont inspirés des rovers destinés à l’Antarctique pour concevoir IceBot. Il s’agit d’un rover doté de deux roues. Le robot est censé être opérationnel dans des conditions où la température est inférieure à 0°C. Leurs calculs sont fondés sur la moyenne des températures annuelles enregistrées en Antarctique par la station McMurdo.

Sur la base d’IceBot, les chercheurs ont alors imaginé deux robots qui fonctionneraient en duo. Le premier rover serait celui qui effectuerait les missions d’exploration avec l’aide du deuxième qui se chargerait de la fabrication et de la réparation. Pour ce faire, en plus d’explorer, le premier devra collecter les matériaux nécessaires à l’amélioration et à la maintenance.

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Quelle technique pour confectionner les pièces du robot ?

Le type d’énergie et la manière dont elle est utilisée sont des critères déterminants pour le système d’un astromobile. La longévité de l’astronef Voyager, par exemple, réside essentiellement dans sa manière d’optimiser l’énergie. Ainsi, avant d’envoyer des rovers de glace sur un autre monde, les chercheurs devront d’abord étudier celle que les engins utiliseront.

La technique utilisée pour modeler la glace est toute aussi importante, notamment pour ce concept révolutionnaire. Les deux chercheurs sont actuellement dans une phase où ils explorent les moyens d’exploiter la malléabilité de la glace. Concrètement, ils essaient de trouver les techniques les plus efficaces pour confectionner les pièces du robot avec de l’eau gelée parmi différentes alternatives.

Ils hésitent encore entre fondre la glace pour ensuite la mouler ; imprimer en 3D ; sculpter mécaniquement, par exemple avec un ciseau ; utiliser une flamme nue ; user d’une tige métallique chauffée ; ou scier pour avoir la forme voulue.

Chacune de ces méthodes a ses avantages et inconvénients, mais les ingénieurs tendent à opter pour le moulage et le sciage. En plus de donner un meilleur résultat, ceux-ci sont peu énergivores.