Un scientifique crée une pince à ultrasons capable de tenir et déplacer les objets sans les toucher

Les robots commencent à prendre de plus en plus de place, et ce autant dans nos vies professionnelles que personnelles. Néanmoins, si les robots s’avèrent être d’une aide précieuse pour soulager les travailleurs de certains secteurs industriels, notamment dans les tâches pénibles ou dangereuses, il est d’une importance capitale qu’ils fassent preuve, au contraire, d’une grande délicatesse pour s’imposer dans d’autres domaines, métiers et professions.

Les domaines de l’horlogerie, des micro-puces ou encore des semi-conducteurs en font partie.

Quelques outils pris en photo

Crédits Pixabay

Justement, un universitaire de l’ETH Zurich, également connu sous l’acronyme EPFZ (Ecole polytechnique fédérale de Zurich), en Suisse, a trouvé une idée brillante : concevoir une pince robotique à ultrasons qui peut soulever un objet en l’air, le maintenir en place ou encore le déplacer…et le tout, sans toucher ledit objet.

Son projet, intitulé « No-Touch Robotics », est la démonstration d’un phénomène physique appelé lévitation acoustique.

La lévitation acoustique, un principe pas totalement nouveau

Pour parvenir à soulever, maintenir un objet en l’air et le déplacer, Marcel Schuck, boursier de l’ETH, a recours à une gamme de minuscules haut-parleurs qui émettent du son à des fréquences et des volumes très soigneusement contrôlés.

Ces haut-parleurs produisent ainsi une sorte d’onde de pression stationnaire qui peut maintenir un objet en l’air. Par contre, si la pression vient de plusieurs directions, il devient possible de déplacer l’objet.

Toutefois, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la lévitation acoustique n’est pas inconnue. En fait, ce phénomène a été connu depuis plus de 80 ans et a été initialement exploité dans l’exploration spatiale. Néanmoins, comme le déclare Marcel Schuck sur le site d’ETH Zurich, « l’objectif principal est d’explorer les domaines d’application potentiels et d’ouvrir des portes dans l’industrie ».

Cette pince à ultrasons pourrait intéresser plusieurs industries

Cette technologie de Schuck a en effet un potentiel immense.

Marcel Schuck pense, par exemple, à l’industrie horlogère qui occupe une place non négligeable en Suisse. En effet, dans cette industrie, la micromécanique de haute précision est essentielle dans la manipulation des pièces minuscules coûteuses. « Les roues dentées par exemple, déclare le scientifique, sont d’abord enduites de lubrifiant, puis l’épaisseur de cette couche de lubrifiant est mesurée. Même le moindre contact pourrait endommager la fine couche de lubrifiant ».

Par ailleurs, le chercheur compte créer une sorte de « kit de développement » contenant une pince robotique, un logiciel de contrôle et des instructions, pour les clients potentiels. Si tout se passe bien, Schuck envisage de lancer une start-up basée sur ce concept de pinces à ultrasons d’ici 2021.