Un trésor médiéval a été découvert à l’abbaye de Cluny

L’équipe du laboratoire d’archéologie et d’archéométrie de l’Université Lumière Lyon 2 a récemment mené des fouilles sur le site d’Abbaye de Cluny, en Saône et Loire. Les chercheurs ont été accompagnés par des étudiants qui étaient présents sur les lieux à titre de stagiaire. A priori, leur objectif était de trouver l’angle de la grande salle d’infirmerie monastique qui s’y trouvait autrefois.

Fortuitement, une étudiante a fait la découverte d’un rare trésor de l’époque médiévale. Enfoui à soixante-dix centimètres dans un trou de remblai, celui-ci renfermait plusieurs objets de valeurs. Il s’agit, entre autres, de plus de 2.200 deniers d’argent ainsi que de 21 dinars musulmans en or. D’après les chercheurs, ces biens auraient probablement pu appartenir à un particulier.

Trésor Cluny

La trouvaille pourrait surtout apporter des réponses en ce qui concerne l’économie de cette cité qui est jusqu’à aujourd’hui méconnue. Selon Anne Baud, enseignante-chercheuse au sein de l’université, « nous sommes face à une découverte historique, mais aussi romanesque ».

Une découverte inattendue

C’était lors du premier jour des fouilles, en septembre dernier, que l’étudiante a remarqué les pièces. Ces dernières tombaient du trou qui devait servir au sondage. « C’est la première fois qu’on retrouve de tels éléments à Cluny », a souligné Anne Baud. Les archéologues estiment que le propriétaire l’aurait caché à cet endroit au douzième siècle.

Outre les deniers et les dinars musulmans, le trésor contenait également d’autres éléments comme un anneau sigillaire et d’autres objets en or. La plupart des deniers d’argent retrouvés sont des deniers clunisiens. Cela s’expliquerait par le fait qu’en ce temps-là, le monastère avait la prérogative de concevoir sa propre monnaie.

À qui appartenait le trésor ?

À cette époque, la valeur du trésor était l’équivalent de trois à huit chevaux. Pour un seul individu, c’était une somme significative. Par contre, elle ne représentait que seulement six jours d’approvisionnement pour le monastère.

L’identité du propriétaire du trésor reste un mystère pour les chercheurs. La raison qui l’avait motivé à chercher le trésor pour ensuite le laisser à cet endroit reste aussi une énigme. Se référant à la présence de l’anneau sigillaire, Anne Baud opte pour l’hypothèse d’un dignitaire religieux. Par ailleurs, les échantillons de dinars laissent penser qu’il s’agissait d’une personnalité importante.

Nathalie Dompnier, la présidente de l’université, a tenu à préciser que « c’est une découverte exceptionnelle par sa nature inédite, mais surtout par les questions qu’elle suscite sur l’abbaye et ses secrets ».