Une ancienne ville romaine a été cartographiée sans la moindre fouille

Falerii Novi, une ancienne ville romaine située en Italie, a été intégralement cartographiée grâce à un radar à pénétration de sol. Une première, qui témoigne de l’importance des nouvelles technologies dans l’archéologie.

Falerii Nivi était à l’origine une ville fortifiée située dans la vallée du Tibre, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rome. Elle a été construite aux alentours de 241 av. J.C. par les Romains, mais elle a été abandonnée vers l’an 700 de notre ère.

Une photo du Colisée de Rome

Photo de Melanie van Leeuwen – Unsplash

Durant ces dernières décennies, la ville a fait l’objet de plusieurs études, mais la dernière d’entre elles est sans doute la plus importante de toutes.

Une ville romaine cartographiée au GPR

En utilisant un GPR, des archéologues ont en effet réussi à cartographier l’ensemble de la ville romaine… sans avoir besoin d’une seule pelletée de terre.

Les GPR, ou radar à pénétration de sol, utilise le principe du radar pour étudier la composition et la structure d’objets. La forme diffère, mais ces appareils se présentent le plus souvent sous la forme de chariots roulants équipés de radars pointés vers le sol.

Concrètement, donc, à mesure que le chariot avance, des ondes électromagnétiques sont envoyées en permanence en direction du sous-sol. Ensuite, lorsqu’elles rencontrent des changements de milieu, une partie est renvoyée vers le haut et vient frapper l’antenne réceptrice.

C’est ce qui permet d’obtenir des images détaillées des éléments situés dans le sous-sol, et c’est ce qui a permis à une équipe composée de chercheurs de l’Université de Cambridge et de l’Université de Gand de réaliser une cartographie complète d’une ville romaine enfouie sans avoir besoin de déplacer ne serait-ce qu’une pelletée de terre.

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Un niveau de précision sans égal

L’expérience a d’ailleurs été couronnée de succès. La technique utilisée a en effet permis aux archéologies d’obtenir une carte très détaillée de Falerri Novi et de mettre ainsi au jour un marché, un temple, un monument public et un complexe de bains… mais aussi le réseau des conduites d’eau déployé par les fondateurs de la ville.

Un beau succès, donc. Dans leur rapport, les chercheurs ne manquent pas de louer les mérites de la technologie et ils ont même déclaré que les données GPR récoltées durant l’expérience leur avaient permis de mieux comprendre les changements subis par la ville au cours de son histoire, mais aussi de prendre plus de recul sur les techniques utilisées par les Romains de l’époque.

Ces données offrent même un autre regard sur la ville elle-même, une ville finalement plus complexe qu’escomptée. Le GPR a révélé l’existence de nombreux monuments, bien sûr, mais également d’un bâtiment utilisé pour les services publics.

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Des découvertes fascinantes

Relié à l’aqueduc par une série de conduites d’eau, il s’accompagnait même d’une structure ressemblant à une piscine.

Autre découverte, cette fois du côté de la porte nord de la ville. Toujours grâce au radar à pénétration de sol, les chercheurs ont identifié deux structures se faisant face. Ils pensent que ces dernières appartenaient à un même bâtiment utilisé par les services publics de l’époque.

Les chercheurs ont donc été surpris par le niveau de détails obtenus par le GPR et ils comptent bien utiliser la technologie dans de futures fouilles.

L’étude complète est disponible à cette adresse.

Mots-clés archéologie