Une artiste poursuit Capcom en justice pour utilisation abusive de ses photos

Resident Evil et Devil May Cry ont fait la renommée de Capcom dans le secteur des jeux vidéo. Mais une récente affaire mettant en avant ces deux franchises risque bien de coûter cher à la firme nippone.

Vendredi dernier, Judy A. Juracek, une artiste, a en effet récemment traîné Capcom en justice.

La jaquette de Resident Evil 4 sur Switch
Crédits Capcom

Pour cause, l’éditeur de jeux vidéo aurait plagié des images issues d’une collection de Juracek, pour mettre au point de nombreux décors et dans Resident Evil et dans Devil May Cry. Et ce ne sont pas les preuves qui manquent selon Juracek.

Juracek réclame justice pour non-respect des conditions de droits d’auteur

Pour la petite histoire, un recueil photographique baptisé « Surfaces : Visual Research For Artists, Architects, And Designers » est sorti en 1996, et fut accompagné d’un CD-ROM. Les œuvres que contient Surfaces sont libres d’utilisation, à condition que ce soit à usage non commercial. Dans le cadre d’utilisation à but lucratif, Juracek est donc en droit d’exiger une contrepartie.

C’est ce qui a justement poussé Judy A. Juracek à traîner Capcom en justice. Capcom aurait, selon cette dernière, copié de nombreux objets représentés dans Surfaces afin de créer des éléments dans Resident Evil et dans Devil May Cry. Tout cela sans l’accord de la plaignante.

Pour Juracek, ce ne sont pas les preuves qui manquent, appuyant son accusation avec 100 pièces justificatives. Par exemple, elle fait état d’une porte visible dans le jeu Resident Evil, qui est exactement la même que celle présente dans Surfaces. Autre exemple, le logo de Resident Evil 4 est clairement issu d’une photo de verre cassé, présente dans l’œuvre de Juracek.

Capcom risque de payer une addition salée dans le cadre de cette affaire

Toujours dans l’optique d’étayer son dossier, la preuve la plus irréfutable résulte probablement d’une fuite de données dont Capcom a été victime, selon Juracek. En effet, cette brèche a permis de voir que même les noms des fichiers correspondaient avec ceux des images disponibles dans le CD-ROM de Surfaces.

Ainsi, pour s’être fait de l’argent sur son dos, Juracek exige que Capcom lui verse des dommages et intérêts, s’élevant à 12 millions de dollars. Et ce n’est pas tout. Pour chaque photographie recopiée sans accord, Capcom devra payer jusqu’à 25 000 $. Comme ce dernier a utilisé environ 80 photos, selon le dossier de l’accusation, jusqu’à 2 millions de dollars en plus sont en jeu.