Une augmentation de la température de seulement deux degrés celsius induirait un changement de régime alimentaire chez les lézards, disent ces chercheurs

Selon une étude effectuée par l’équipe d’Elvire Bestion, chercheuse en écologie à l’Université d’Exeter, un changement de la température, notamment vers la hausse, peut provoquer une perturbation du régime alimentaire des lézards.

Une augmentation de la température de seulement 2°C entraînerait en effet une orientation du choix alimentaire des lézards vers les insectes prédateurs. Avec des conditions plus naturelles, ces reptiles se nourrissent en grande partie d’autres insectes tels que les grillons, les coléoptères, soit des phytophages (insectes qui se nourrissent d’éléments végétaux).

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Pour les scientifiques, une telle incidence de la température entraîne ainsi un changement de comportement et une alimentation malsaine pour ces petits animaux à sang froid.

Un choix alimentaire dû principalement à un instinct de survie

Toujours selon les résultats de l’étude, on peut dire que l’adoption de ce régime à base d’insectes prédateurs est la conséquence de la « faible espérance de survie » des lézards adultes, même si les scientifiques ne sont pas encore parvenus à en expliquer la raison.

Ainsi, les chercheurs ont pu constater qu’avec une température de 2°C de plus, le choix des lézards de se nourrir exclusivement d’insectes prédateurs est incontournable même si ce genre d’insecte est moins fréquent dans de telles conditions.

D’après Bestion, l’une des hypothèses de son équipe est que : « dans les climats plus chauds, les lézards ont besoin de proies plus nutritives pour satisfaire leurs besoins et ont orienté leur régime alimentaire vers une alimentation en invertébrés prédateurs plus importante ».

Des perturbations de la chaîne alimentaire à la clé

Dans un premier temps, la transformation du régime alimentaire des lézards produit des effets défavorables à leur santé. Les chercheurs estiment même que cela peut abréger la durée de vie des reptiles, car entraîne un appauvrissement de leur microbiome intestinal (les microorganismes qui se trouvent dans le tractus digestif).

Mais ce n’est pas tout, car cela peut également impacter la chaîne alimentaire en général en y provoquant un désordre puisque les insectes phytophages n’auront plus de prédateurs chez les lézards.

A juste titre, Bestion a ainsi souligné que : « les mécanismes des impacts climatiques sont plus complexes qu’un simple effet de la température sur un animal ».

s https://phys.org/news/2019-10-2c-warmer-lizards-healthily.html

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