Une comète étrangère vient de pénétrer dans le système solaire

C/2017 K2 (PANSTARRS), ou K2 pour les intimes, n’est pas une comète tout à fait comme les autres. Elle suit en effet une orbite hyperbolique et elle provient ainsi d’un autre système stellaire. Cela ne l’empêche pas de venir nous rendre visite de temps à autre.

K2 a été observée pour la toute première fois le 12 mai 2013 depuis l’observatoire Canada-France-Hawaï situé à Hawaï. Implanté à proximité di sommet du Maunea Kea, ce dernier se situe à plus de quatre mille mètres d’altitude et il regroupe plusieurs instruments uniques.

Comète K2

Parmi ces derniers, on trouve notamment un imageur haute résolution grand champ formé de trente-six capteurs CCD pour un total de trois cent quatre millions de pixels, un imageur infrarouge composé de quatre CCD et plusieurs spectrographes.

K2, une comète pas comme les autres

Toutefois, il a fallu attendre le mois de mai de cette année pour que cette étonnante comète soit caractérisée, dans le cadre d’un programme d’exploration du nom de Pan-STARRS. Peu connu des profanes, ce dernier est le fuit de la collaboration entre le MIT, le Maui High Performance Center et l’Institute of Astronomy de l’Université d’Hawaï.

Basé sur l’utilisation de quatre télescopes , ce programme un peu particulier a pour but de découvrir et de cataloguer des astéroïdes, des comètes, des étoiles variables et tous les autres objets célestes peuplant l’espace.

D’après les informations en notre possession, K2 serait originaire du fameux nuage d’Oort et donc d’un ensemble sphérique hypothétique situé au-delà de l’orbite des planètes et de la ceinture de Kuiper.

Pourquoi hypothétique ? Tout simplement parce que personne n’a encore réussi à l’observer directement. En réalité, les astronomes l’ont « découvert » en examinant les orbites des comètes et ils pensent ainsi que la plupart de ces corps sont originaires de ce fameux nuage, un nuage situé entre vingt mille et cent mille unités astronomiques d’après leurs calculs.

Un voyageur venu de loin

Ces informations sont à prendre avec toutes les précautions d’usage habituelles, mais K2 serait sous l’influence du Soleil depuis des millions d’années et le corps décrirait en outre une orbite ouverte hyperbolique.

Contrairement aux corps décrivant une orbite elliptique, les objets suivant une orbite hyperbolique ne se limitent pas au système solaire et ils naviguent ainsi à travers l’espace interstellaire. Tony Dunn, un astronome épris d’astrophysique et fasciné par les orbites, a réalisé une simulation afin de nous aider à visualiser le phénomène. Elle se trouve en fin d’article.

À l’heure actuelle, K2 se trouverait entre l’orbite de Mercure et le Soleil. Pour le moment, nous ne savons pas si elle restera dans notre système ou si elle en sera éjectée dans un avenir proche. Il faudra attendre deux ou trois semaines et récolter davantage de données pour le déterminer.

Le rapport de l’IAU peut être consulté à cette adresse.