Une deuxième ville américaine interdit la surveillance par reconnaissance faciale

Selon Vice, Somerville dans le Massachusetts est devenue la deuxième ville des États-Unis à interdire la reconnaissance faciale après San Francisco. Cette décision intervient un jour après qu’Axon, le plus gros fabricant de caméras corporelles pour la police, ait lui aussi banni l’utilisation de cette technologie.

Ainsi, la nouvelle loi à Somerville n’autorise plus l’usage de la reconnaissance faciale par les différentes agences municipales incluant la police.

Camera de surveillance

Crédits Pixabay

L’utilisation de cette technologie qui permet à une intelligence artificielle de reconnaître des individus à partir de leur visage est en ce moment lourdement critiquée aux États-Unis. La ville d’Oakland projette aussi de bannir la reconnaissance faciale tandis que les législateurs de la Californie prévoient d’interdire son usage dans les caméras corporelles de la police dans tout l’État.

Actuellement, les activistes des libertés civiles, les technologues et les politiciens à travers le pays sont en train d’étudier la question de la reconnaissance faciale. Le gouvernement fédéral quant à lui n’a encore émis aucun avis sur le sujet.

Un appel à toutes les parties concernées

La technologie de reconnaissance faciale a commencé à s’imposer aux États-Unis  il y a quelques années. Cependant, son introduction dans les caméras corporelles des policiers a transformé ces dernières en instruments de surveillance très puissants.  Différentes organisations ont réagi face à cette situation.

Matt Cagle, avocat spécialisé dans les technologies et les libertés civiles à l’ACLU a ainsi déclaré que même le plus grand fabricant de caméras corporelles pour la police a tiré la sonnette d’alarme. Selon lui, il est désormais impossible d’ignorer la menace que représente la reconnaissance faciale. Il a fait appel à tous les législateurs du pays pour que ceux-ci prennent des mesures afin d’empêcher que les caméras des policiers soient utilisées contre les communautés. Il demande aussi aux grandes compagnies de technologie comme Amazon et Microsoft d’agir face à cette menace.

Une technologie discriminatoire

Des études ont révélé que la technologie de reconnaissance faciale actuelle possède encore des lacunes et son utilisation ne ferait que créer plus de problèmes. Des chercheurs du MIT ont par exemple découvert que cette technologie ne fonctionnait pas bien sur les visages de femmes et ceux de personnes de couleur. Une autre étude réalisée par l’ACLU en 2018 a aussi montré que le système Amazon Rekognition a fait une erreur en associant 28 membres du Congrès à des photos signalétiques de la police. Comme pour l’étude citée précédemment, cette erreur a surtout touché les personnes de couleur.

Barry Friedman, qui est à la fois directeur du Policing Project à la Faculté de Droit de l’Université de New York et membre du comité d’éthique d’Axon a déclaré qu’à l’heure actuelle, la précision de la reconnaissance faciale suscite de nombreuses inquiétudes. Celles-ci concernent surtout la discrimination au niveau du genre et de la race. Selon lui, on ne peut pas intégrer la reconnaissance faciale dans le milieu de la police avant d’avoir réglé ces problèmes.

L’intégration d’une nouvelle technologie dans la société met toujours du temps, surtout si elle touche à un domaine sensible comme c’est le cas pour la reconnaissance faciale. Les chercheurs devront redoubler d’effort pour éliminer tous les risques de discrimination si l’on veut que cette technologie soit considérée comme sure.