Une eau de mer de plus de vingt mille ans recueillie dans l’Océan Indien

Durant leurs expéditions dans les fonds marins de l’archipel des Maldives, des scientifiques ont fait une étonnante découverte. Des carottes de sédiments leur ont en effet permis d’obtenir des échantillons d’eau de mer datant d’il y a 20 000 ans.

L’étude a été effectuée par des chercheurs de l’Université de Chicago, avec comme auteur principal, le professeur Clara Blättler.

Crédits Pixabay

La dernière période glaciaire a duré 100 000 ans. Il y a 20 000 ans, cette période était presque à son terme, mais d’immenses couches de glace recouvraient toujours une grande partie de la Terre. L’Amérique du Nord, l’Europe du Nord et l’Asie étaient ensevelies sous la glace.

La présente découverte a permis aux scientifiques d’en apprendre encore plus sur cet Age de glace.

Les détails de l’étude seront prochainement publiés dans le journal Geochimica et Cosmochimica Acta en juillet 2019.

Les étapes suivies

Les scientifiques n’ont pas prélevé l’échantillon directement des eaux de l’océan. C’est en fait à partir d’une roche prélevée dans les dépôts de calcaires sous-marins des Maldives qu’ils ont pu extraire cette eau qui date de 20 000 ans.

Une fois arrivés sur leur navire, ils ont découpé la roche en forme de tubes et ils les ont introduits dans un pressoir hydraulique.

Grâce à ce procédé, les chercheurs ont pu extraire l’eau qui était contenue dans les pores de la pierre. Afin de découvrir la composition des échantillons obtenus, notamment les isotopes ainsi que les éléments spécifiques, les chercheurs ont effectué plusieurs tests à bord de leur navire et plus tard, dans des laboratoires sur la terre ferme.

De nouvelles connaissances sur le passé

Le Professeur Clara Blättler a déclaré que les résultats de l’étude ont abouti à l’obtention d’un échantillon de l’Océan Indien d’il y a 20 000 ans.

La composition des échantillons d’eau semblait en effet correspondre à celle de l’océan en question lors de la dernière période glaciaire. Elle est à la fois très salée et contient beaucoup de chlore.

Selon les chercheurs, cette découverte représente une ouverture vers la compréhension de la réaction de l’océan vis-à-vis des fluctuations géophysiques qui se sont déroulées lors de la dernière période glaciaire. D’autre part, avec ces nouvelles connaissances, il sera également possible d’obtenir de meilleurs modèles climatiques qu’auparavant. C’est aussi utile pour mieux comprendre les différents changements qui affectent notre monde depuis des millions d’années jusqu’à aujourd’hui.

Les découvertes sur le passé de notre planète ne cessent de se multiplier.

La question est de savoir si les scientifiques pourront les utiliser à bon escient afin de résoudre les problèmes climatiques que nous rencontrons actuellement.