Aux Etats-Unis, une entreprise propose de vous transformer en compost à votre mort

Katrina Spade a ouvert un établissement funéraire qui transforme le corps de ses clients en compost, avec l’accord de ces derniers, à Seattle. Elle a commencé à expérimenter son nouveau concept en 2011, alors qu’elle était encore étudiante en architecture. Après une décennie de travaux, la « réduction organique naturelle » de corps humains sans vie est désormais praticable aux États-Unis.

Le compostage d’un corps humain vient en effet d’être autorisé par les législateurs américains. Spade a formé sa nouvelle société nommée « Recompose » après l’adoption de la loi sur la réduction organique naturelle en 2019 par Washington. Décembre dernier, elle a déjà commencé sa première transformation.

Image par Andreas Lischka de Pixabay

Pour l’instant, les installations de Recompose accueillent par intervalle de dix corps, même si elles sont capables d’en recevoir beaucoup plus. La pandémie a ralenti les travaux, mais semble en même temps avoir donné sens à cette méthode insolite.

Une initiative d’ordre environnemental

Le compostage consiste à placer le corps sur des copeaux de bois, de la paille et de la luzerne à l’intérieur d’un récipient. Ces accessoires fournissent une quantité optimale de chaleur, d’eau, de carbone, d’azote et d’oxygène accélérant la décomposition. Les agents décompositeurs naturels ont besoin de trente jours pour faire le travail.

La terre met entre deux semaines à un mois pour se sécher. Le rendu est d’environ un mètre cube par cadavre. Le produit est ensuite retourné à la famille du défunt ou donné à un projet écologique. Toutefois, la plupart des clients sont motivés par l’aspect écologique de l’initiative.

Aussi insolite et anticonformiste soit-elle, force est de reconnaître que cette initiative permet mieux d’optimiser l’empreinte écologique.

Contrairement aux idées reçues, les scientifiques qualifient la crémation de gaspillage. En effet, revanche, ce procédé consume tout le potentiel nutritif du corps.

Des concurrences en vue après le feu vert de Washington

« La méthode Recompose semble propre et utile. Ce processus donne des nutriments et entretient la vie. C’est une idée séduisante à une époque marquée par l’accélération du changement climatique et une culture définie par la productivité. »

Philip Olson, éthicien des technologies et professeur à Virginia Tech

Recompose coûte 5 500 dollars par cadavre sans le transport. À présent, Spade envisage d’emménager sur un plus grand espace pouvant accueillir jusqu’à 40 corps et d’étendre son service dans d’autres régions.

Attention toutefois, Recompose a déjà deux concurrents en vue. Il s’agit de Herland Forest, un cimetière naturel dans le centre-sud de l’État de Washington, et de Return Home qui ouvrira bientôt les portes de son usine dans le même Etat.