Une étude a montré que la graisse pouvait s’accumuler dans les poumons, ce qui pourrait expliquer le lien entre l’asthme et l’obésité

Une nouvelle étude publiée le jeudi 17 octobre dernier dans la revue European Respiratory Journal a montré que la graisse pouvait également s’accumuler dans les voies respiratoires, au niveau des poumons. Cette découverte pourrait expliquer pourquoi certains problèmes de santé comme l’asthme sont fréquents ou plus graves chez des personnes obèses ou en surpoids.

L’équipe de scientifiques, réunissant des chercheurs venant d’Australie, de Nouvelle Zélande et du Canada, a analysé des données provenant d’un précédent projet.

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Ce dernier consistait à collecter des tissus pulmonaires provenant de patients de la ville d’Alberta au Canada ayant été diagnostiqués avec l’asthme, et qui sont récemment décédés. L’ensemble comprenait des personnes mortes des suites de leur asthme et d’autres qui sont mortes de causes non liées à cette maladie.

Les échantillons ont été comparés à des échantillons témoins provenant de personnes qui n’avaient pas d’asthme et qui sont décédées de causes différentes.

Les résultats de l’étude

Les chercheurs ont observé au microscope plus de 1300 échantillons de paroi pulmonaire pris sur 52 personnes. Ils ont ainsi trouvé des tissus graisseux dans les échantillons provenant des trois groupes. Toutefois, ceux appartenant à des personnes obèses ou en surpoids présentaient en moyenne plus de graisse que les autres.

Ainsi, lorsque l’indice de masse corporelle augmentait, il y avait plus de chance de trouver plus de graisse dans les poumons. D’après les observations, un indice de masse corporelle élevé et une grande quantité de graisse pulmonaire étaient associés à une plus grande épaisseur des parois pulmonaires et une inflammation des voies respiratoires.

Une nouvelle explication

Il existe de nombreuses théories qui expliquent pourquoi les personnes obèses sont plus susceptibles d’avoir de l’asthme ou de présenter des symptômes plus graves de la maladie. Il y a par exemple la présence d’un excès de graisse au niveau de l’abdomen qui peut physiquement contracter les poumons, les empêchant de bien fonctionner lors d’une crise d’asthme.

D’autres chercheurs ont aussi proposé une théorie selon laquelle l’inflammation chronique liée à l’obésité peut affecter les chances d’une personne d’avoir de l’asthme ou la sévérité de la maladie. D’après les auteurs de la récente étude, leurs résultats n’excluent pas ces théories mais ajouteraient plutôt une nouvelle explication à la liste.

L’équipe derrière cette étude sur la graisse au niveau des poumons a indiqué qu’il fallait encore beaucoup de recherche pour confirmer le lien qu’ils ont découvert. Les chercheurs ont aussi déclaré que des études sur les tissus graisseux des poumons de personnes vivantes étaient déjà en cours. Des études futures pourront aussi tester si le fait de perdre du poids pourrait aider à diminuer les risques d’asthme et la sévérité de la maladie.

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