Une fois de plus, une fusée chinoise a aspergé un village de carburant toxique

Le programme spatial chinois figure actuellement parmi ceux qui ont le plus de succès dans le monde. En moyenne, la Chine effectue plus de lancements en une année que n’importe quel autre pays.

De plus, la technologie chinoise a permis d’envoyer des humains en orbite, ainsi qu’un atterrisseur et un rover sur la face cachée de la Lune.

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La Chine a cependant bafoué certaines règles en ce qui concerne ses lancements. Une de ces règles stipule que la partie en aval de la trajectoire d’une fusée doit être peu peuplée ou même complètement vide à cause des dangers potentiels que représentent les débris et la descente non contrôlée des différentes parties du lanceur.

Le fait d’ignorer cette norme a déjà provoqué de nombreuses tragédies en Chine.  Le vendredi 22 novembre dernier, une fusée Longue Marche 3B a lancé deux satellites Beidou en orbite. Le vol de la fusée s’est bien passé, mais le premier étage du booster s’est écrasé dans un village situé en bas du Xichang Satellite Launch Center, dans la partie sud du centre du pays, et a répandu du carburant toxique.

Une longue liste d’accidents

L’incident du vendredi 22 novembre est déjà arrivé de nombreuses fois en Chine. Le plus tristement célèbre a été celui qui a eu lieu en 1996 et où une fusée Longue Marche 3B a dévié de sa trajectoire et est allée s’écraser dans un village.

Les responsables chinois de l’époque avaient rapporté 6 décès après l’accident. Cependant, du côté des Occidentaux, on a spéculé que des centaines de personnes étaient mortes lors de l’événement.

Mieux vaut tard que jamais

Plus tôt cette année, les chercheurs chinois ont commencé à faire des expériences sur les ailerons en grille pour pouvoir diriger les premiers étages des fusées lors de la descente, et les éloigner des zones habitées. Toutefois, il est plus probable que la Chine ait investi dans des recherches sur cette technologie dans le but de copier SpaceX qui a pu faire atterrir et réutiliser le premier étage de ses lanceurs.

Le centre de lancement de Xichang a été ouvert il y a plus de trois décennies, mais la technologie des ailerons en grille est plus vieille. Ainsi, le pays aurait dû avoir assez de temps pour développer cette technologie et protéger sa population.

C’est seulement après que SpaceX ait prouvé l’efficacité de ce type d’ailerons que les chinois ont décidé de les étudier sérieusement. Espérons qu’au moins, cela servira à éviter que plus de personnes ne meurent inutilement.

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