Une IA a étudié la relation de 11 000 couples

Quels sont les principaux prédicteurs qui font que les deux partenaires au sein d’un couple pensent à leur relation de façon positive ? Une étude a essayé de trouver la réponse à cette question en utilisant une méthode inédite, l’utilisation d’une Intelligence Artificielle.

Au cours de l’étude en question, les chercheurs ont procédé à une analyse par apprentissage machine des données recueillies auprès de plus de 11 000 couples. Ils ont ainsi pu trouver que les caractéristiques spécifiques à la relation étaient de meilleurs prédicteurs comparés aux variables basées sur des caractéristiques individuelles. D’après la psychologue Samantha Joel du Western University au Canada, et qui a mené l’étude, ils ont trouvé que les variables spécifiques à la relation étaient 2 à 3 fois plus prédictives que les différences individuelles.

Crédits Pixabay

Ainsi, cette étude indique que le type de relation que l’on construit avec un ou une partenaire pourrait être plus important par rapport au fait d’être heureux que les caractéristiques individuelles de chacune des parties.

L’IA comme solution

D’après les chercheurs, la science des relations de couple existe depuis des décennies. Toutefois, le défi par rapport à ce domaine est de regrouper les données cumulatives à grande échelle, ce qui permettrait de renforcer les résultats obtenus par les études plus petites et autonomes.

C’est là qu’intervient l’IA qui pourrait être une des solutions analytiques face à ce problème. Cette technologie a en effet la capacité d’analyser une énorme quantité de données recueillies auprès de laboratoires individuels.

C’est ainsi que dans leur étude, Joel et ses collègues ont utilisé un système d’apprentissage machine du nom de Random Forests qui peut évaluer le pouvoir prédictif d’un grand nombre de variables. Ils ont ainsi pu analyser les mesures, en majorité auto-rapportées, collectées auprès de 11 196 couples à travers 43 ensembles de données distincts. Ceci a permis de déterminer quel genre de variable rapportée était le plus important pour prédire la qualité d’une relation.

Les résultats obtenus

D’après les auteurs, il existe un certain nombre de variables spécifiques à la relation qui peuvent prédire la qualité d’une relation de façon assez fiable.

Les plus fiables sont l’engagement du partenaire que l’on perçoit, l’appréciation, la satisfaction du partenaire que l’on perçoit, la satisfaction au niveau sexuel, mais aussi les conflits. Les chercheurs expliquent que ces variables ont pu prédire jusqu’à 45 % de la variance de la qualité d’une relation au début de chaque étude.

A l’opposé, les prédicteurs basés sur des caractéristiques individuelles ont seulement pu prédire jusqu’à 21 % de la variance de la qualité de la relation. Les variables de ce type qui ont le mieux prédit la qualité d’une relation ont été la satisfaction de vivre, la dépression, l’attachement évitant, l’affect négatif, ainsi que l’attachement anxieux.

Les auteurs indiquent dans leur article que la dépression ou encore l’attachement anxieux sont des facteurs de risque au niveau de la relation. Mais si l’on réussit à établir une relation caractérisée par exemple par l’appréciation et la satisfaction sexuelle, et qu’on peut percevoir son ou sa partenaire comme quelqu’un d’engagé et de réactif, alors les facteurs de risque individuels pourraient ne plus être si importants. Par rapport à ces résultats, Joel a indiqué que ces derniers suggèrent ainsi que la personne que l’on choisit n’est pas aussi importante que la relation que l’on construit.