Une IA capable de reconnaître les psychopathes

L’IA est partout et elle revêt bien des formes. Il semblerait d’ailleurs qu’elle puisse aussi être utile en psychiatrie. Une équipe de chercheurs travaillant pour l’Université du Nouveau-Mexique a en effet développé une intelligence artificielle capable de reconnaître les psychopathes en analysant… les mouvements de leur tête.

En psychiatrie, la psychopathie appartient à la famille des troubles de la personnalité et elle se caractérise principalement par des désordres émotionnels, mais aussi par des comportements antisociaux.

Une femme dans l'ombre
Image par Inactive_account_ID_249 de Pixabay

Fait intéressant, la psychopathie n’affecte pas la capacité de raisonnement de l’individu et elle ne débouche pas systématiquement sur des actions criminelles ou sur de la délinquance.

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Une IA pour reconnaître les psychopathes

Les psychopathes sont donc très différents des fous criminels dépeints dans certains films et certains d’entre eux parviennent même à mener une vie dénuée d’actions criminelles.

D’après les statistiques les plus récentes, la psychopathie toucherait environ 4 % des hommes, mais elle reste assez difficile à détecter. En règle générale, les premiers symptômes apparaissent à l’âge de 15 ans et ils sont caractérisés par une incapacité à se conformer aux lois ou aux normes, par une tendance à tromper et escroquer l’autre, par des difficultés à planifier des actions à l’avance, par une irritabilité ou une agressivité, mais aussi par un mépris total pour la notion de sécurité et par l’absence de remords.

Pour être en mesure de détecter la psychopathie, il faut donc s’appuyer sur le concours d’une personne formée à la psychiatrie. Et en règle générale, le diagnostic ne peut pas être posé avant plusieurs séances.

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Une histoire de port de tête

Une équipe de chercheurs travaillant pour l’université du Nouveau-Mexique pense cependant avoir une solution pour accélérer le processus de détection, une solution impliquant de s’appuyer sur une IA.

Pour la construire, ces scientifiques ont passé en revue les enregistrements vidéo de plusieurs entretiens menés en prison. Des entretiens visant un peu plus de 500 détenus âgés de 18 à 62 ans. L’idée était de trouver des points communs entre les individus touchés par ce trouble et de déterminer s’il existait une corrélation entre ce dernier et certains réflexes gestuels.

Contre toute attente, les chercheurs ont bien trouvé un trait commun entre toutes ces personnes : une orientation de la tête. D’après les résultats de leur étude, les psychopathes auraient en effet tendance à avoir une orientation plus stationnaire de leur tête durant les interrogatoires.

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Des résultats à prendre avec prudence

Ils sont ensuite partis de ce constat pour développeur leur IA.

Si l’étude est intéressante, ses résultats doivent cependant être mesurés. Elle a effectivement porté sur des détenus incarcérés, et donc logiquement sur des individus présentant un haut degré de psychopathie. Pour confirmer ces résultats, il faudrait donc mener de nouveaux tests auprès de personnes présentant des degrés plus mesurés du trouble.

Pour être efficaces, les IA d’aujourd’hui doivent en effet être entraînées inlassablement, encore et encore.