Une IA dédiée à la prédiction de crimes bientôt déployée en Grande-Bretagne

Vous aimez Minority Report et Orange Mécanique ? Si vous résidez au Royaume-Uni, vous pourriez bientôt être servis. À compter de mars 2019, plusieurs divisions de la Police britannique prévoient d’employer une intelligence artificielle pour prédire les risques qu’un individu, déjà connu de leurs services, repasse à l’acte. Actuellement en cours de déploiement, la “National Data Analytics Solution” ou NDAS (c’est le nom donné à cette IA) se baserait sur une vaste base de données pour empêcher les “crimes futurs” de personnes se trouvant déjà dans le collimateur des forces de l’ordre.

L’objectif de ce protocole serait notamment d’éviter “les crimes violents“, lit-on dans un article de New Scientist (repéré par BFMTech), en interpellant les criminels avant leur passage à l’acte. Ces derniers se verraient alors redirigés vers un “suivi thérapeutique pour prévenir de potentiels comportements criminels“, explique la revue scientifique. Ce projet, présenté comme un palliatif aux coupes budgétaires dont la Police britannique est victime depuis quelques années, fait d’ores et déjà l’objet de vives critiques de la part d’instituts de recherches en IA.

Dès mars 2019, la police britannique pourrait mettre une IA à contribution pour jauger de la “criminalité future” d’un individu. L’objectif ? Arrêter les criminels avant leur passage à l’acte.

Il faut dire qu’au-delà son devoir de prédiction, la NDAS aurait également pour mission de prioriser les interventions auprès de certains individus en particulier. Les suites à donner à ces interpellations “pré-crime” sont cependant toujours à l’étude, explique Iain Donnelly, le directeur du projet. Services sociaux et psychothérapeutes pourraient, dans les faits, être amenés à prendre en charge tant les “futurs criminels” (notamment dans le cas de personnes déjà signalées pour des troubles mentaux)… que leurs “futures victimes”.

Une IA alimentée par plus d’un téraoctet de données glanées par les services de Police

Pour fonctionner, la NDAS s’appuie sur une importante base de données préalablement constituée par la Police britannique, que ce soit à un niveau local ou national. Cette dernière recenserait actuellement près de 5 millions d’individus. Environ 1400 “indicateurs” permettant de prédire de potentiels crimes sont déjà intégrés à la NDAS et 30 d’entre eux s’avéreraient “particulièrement efficaces“, apprend-on, toujours de New Scientist. Ces indicateurs prennent en compte le passé criminel des individus fichés, mais également les antécédents judiciaires de personnes de même “catégorie sociale”, pour leur attribuer un “indice de risque” plus ou moins élevé. C’est à partir de cet indice que l’IA pourra prioriser certaines interventions.

Prévu pour une utilisation à grande échelle dès l’année prochaine au Royaume-Uni, la NDAS est chapeautée par la West Midlands Police (région de Birmingham), mais elle intéresserait dès à présent les services de Police de 8 autres districts, dont ceux de Londres et Manchester. Sur ce dossier, promesse est faite que la Police anglaise travaillera en collaboration étroite avec le bureau du Commissaire à l’information en vue de respecter la loi en matière de respect de la vie privée.

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