Une IA identifie un ancêtre fantôme dans le génome humain

L’histoire de l’évolution humaine regorge encore de mystères. Des recherches ont mis en lumière l’existence de diverses espèces métissées qui s’apparenteraient à l’Homme. En 2008, dans la Sibérie occidentale, les chercheurs ont fait la découverte d’un fossile particulièrement différent. Nommé « Homme d’UST-Ishim », cet homo sapiens présentait 2 % d’ADN néandertaliens. Ces données suggèrent alors qu’un croisement entre les deux espèces s’est effectué il y a de ça près de 60 000 ans.

Un squelette humain déterré

Toutefois, les excavations archéologiques ne se sont pas arrêtées là. En 2019, une équipe de scientifiques ont déniché les restes archaïques d’une adolescente. Les fossiles datent d’il y a plus de 50 000 ans. Les scientifiques n’ont pas pu l’identifier, mais sa différence a immédiatement frappé les plus connaisseurs. Une Intelligence Artificielle a ensuite révélé qu’elle était unique.

Le squelette présentait d’étranges singularités jamais rencontrées auparavant. Ces caractéristiques en font un nouvel ancêtre hybride de l’humanité aux côtés des Néandertaliens et des Dénisoviens (encore inconnus jusqu’en 2010). Les résultats de l’étude ont été publiés dans Nature Communications.

Un mixage génétique suite à l’Out of Africa ?

Puisque les plus anciens hominidés connus à ce jour ont été retrouvés en Afrique, il est communément admis que ce continent est le berceau de l’humanité. Néanmoins, certains chercheurs ont émis l’hypothèse de l’« Out of Africa ». D’après cette théorie, les homos sapiens sont partis à la conquête des autres continents, il y a environ 80 000 ans. Ces vagues de migrations auraient par la suite mené à plusieurs mixages génétiques à l’origine de la population actuelle.

En colonisant l’Eurasie, une partie de ces hominiens se seraient alors reproduits avec d’anciens hominidés qui n’existent plus aujourd’hui. Jusqu’à récemment, les Néandertaliens et les Denisoviens étaient leurs seuls partenaires sexuels occasionnels connus.

Une troisième introgression du génome humain dévoilé par l’IA

Le mérite de cette découverte revient en grande partie aux avancés dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). Le fait est que durant les fouilles, les chercheurs ont recouru à des algorithmes ayant une base de données bien garnie. Celle-ci était constituée d’un ensemble de codes génétiques humains anciens et modernes.

La découverte du spécimen hybride a permis d’isoler dans l’ADN eurasien un troisième introgression du génome humain. Cette trouvaille constituerait la preuve de l’existence d’une population archaïque fantôme avec laquelle les humains modernes se sont croisés pendant l’exode africain. Plusieurs recherches sont encore à réaliser et toutes les possibilités restent envisageables en ce qui concerne l’histoire de l’ascendance humaine.