Une IA pour déchiffrer le manuscrit de Voynich

La Manuscrit de Voynich est encore loin d’avoir livré tous ses secrets, mais cela pourrait changer très prochainement grâce au concours d’une IA développée par une équipe canadienne de l’Université de l’Alberta.

L’ouvrage a été fabriqué au début du XVe siècle, mais il a fallu attendre deux siècles pour le voir apparaître sous les feux des projecteurs. D’après le peu d’informations en notre possession, le livre aurait appartenu à un certain Georg Baresh, alchimiste de son état, avant de passer entre les mains de plusieurs érudits pour finalement tomber entre les mains de Rodolphe II du Saint-Empire.

Manuscrit de Voynich

Le Manuscrit de Voynich n’a pas encore fini de faire parler de lui.

Par la suite, le manuscrit a disparu des radars avant de réapparaître quelques siècles plus tard, en 1912.

Le Manuscrit de Voynich, une énigme cryptographique

Wilfrid Voynich, un bibliophile polonais, a en effet profité d’une vente organisée discrètement par le Collège romain pour racheter une trentaine de manuscrits, des manuscrits parmi lesquels se trouvait l’étrange ouvrage. Intrigué, il passa plusieurs années à tenter de le traduire, sans succès.

À sa mort, sa veuve hérita du manuscrit et elle finit par le léguer à son tour à sa meilleure amie, une certaine Anne Nill. Puis, le manuscrit fut vendu à un marchand de livres anciens avant de revenir à l’Université Yale en 1969.

Mais si le Manuscrit de Voynich fait autant parler de lui, ce n’est évidemment pas pour son parcours chaotique.

En réalité, l’ouvrage est une véritable énigme littéraire à lui tout seul. Rédigé dans une langue unique en son genre, il n’a jamais été déchiffré et personne n’a donc réussi à percer ses secrets. Les années passant, le manuscrit a fini par devenir un des documents les plus célèbres de l’histoire de la cryptographie et il fait encore aujourd’hui figure de forteresse imprenable pour tous les passionnés de la chose.

Si certains pensent que l’ouvrage est un herbier, d’autres estiment pour leur part qu’il pourrait s’agir d’un traité d’alchimie. Ces hypothèses ne font cependant pas l’unanimité et beaucoup pensent ainsi que ce livre n’est rien de plus qu’un gigantesque hoax.

L’Université de l’Alberta n’est pas de cet avis cependant et l’établissement a ainsi monté une équipe afin d’étudier l’ouvrage.

Une IA pour percer les secrets de l’ouvrage

Cette dernière n’est pas la seule du genre, mais elle est un peu différente des autres et les chercheurs la composant ont ainsi choisi de s’appuyer sur une intelligence artificielle pour tenter de déchiffrer l’ouvrage.

Pour se faire, ils ont tout simplement développé un algorithme capable de déterminer avec 97 % de précision la langue des différentes versions de la Déclaration des droits de l’homme existantes, des versions rédigées en plus de trois cents langages et dialectes différents. Ensuite, ils ont tout simplement appliqué cet algorithme au Manuscrit de Voynich afin de l’analyser et de déterminer sa langue.

Ces résultats sont à prendre avec prudence, ils n’ont pas encore fait l’objet d’une contre-étude, mais cet algorithme a déterminé que l’ouvrage était rédigé en hébreu, à partir d’un code spécial reposant sur la suppression des voyelles et sur la modification de l’ordre des mots composant les phrases.

Plus intéressant, grâce à cette IA, les chercheurs pensent avoir réussi à traduire la première phrase de l’ouvrage, une phrase qui signifierait quelque chose comme « Elle a donné des recommandations au prêtre, au chef de la famille, aux gens et à moi-même ». Pour le moment, ils n’en savent pas beaucoup plus et ils appellent ainsi à une collaboration internationale.

Les chercheurs pensent en effet que les secrets du manuscrit ne pourront pas être découverts sans le concours d’historiens et d’experts en hébreu.

Hasard ou pas, la maison d’édition Siloé a été récemment autorisée à reproduire à l’identique le Manuscrit de Voynich. 898 exemplaires ont été tirés à l’identique, pour un prix fixé à huit mille euros pièce.

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