Une Indienne de 19 ans a créé une culotte anti-viol

Seenu Kumari n’est pas peut-être présente au CES 2018, mais cela ne l’empêche pas de faire la une de nombreux médias. Cette Indienne de dix-neuf ans vient en effet de présenter une culotte anti-viol fabriquée par ses soins. Elle lui a coûté une cinquantaine de dollars.

L’Inde se trouve depuis plusieurs années dans la zone rouge sur la carte des violences faites aux femmes.

Kumari

En décembre 2012, une adolescente avait ainsi été torturée et violée dans un bus par plusieurs hommes et laissée pour morte en pleine rue, à l’indifférence générale.

L’Inde, un pays très touché par le viol

Trois ans plus tard, les autorités indiennes ont reconnu plusieurs viols en réunion commis par des représentants des forces de l’ordre dans les forêts d’une province reculée située dans le centre du territoire.

Ces deux affaires ont fait beaucoup de bruit et elles ont contraint le pouvoir en place à lancer de nombreuses campagnes de prévention.

En pure perte, malheureusement. En tout, plus de 34 000 viols ont en effet été perpétrés en 2015 sur le territoire d’après le Bureau national du crime, soit une hausse de 39 % par rapport à l’année 2012. Pire, le harcèlement de rue s’est également banalisé durant ces dernières années et 79 % des femmes indiennes ont ainsi reconnu en avoir été les victimes.

Seenu Kumari a dix-neuf ans et elle habite dans l’Uttar Pradesh, un état indien situé au nord du territoire. Issue d’une famille modeste, elle a grandi entourée de toute cette violence et c’est précisément ce qui l’a poussé à travailler sur cette improbable culotte connectée.

L’appareil mis au point par l’adolescente se présente sous la forme d’une culotte traditionnelle, une culotte sur laquelle a été accroché un boîtier imposant équipé d’un clavier.

Une ceinture de chasteté 2.0

Couplé à une ceinture renforcée, ce boîtier a pour but d’empêcher un éventuel agresseur de retirer la culotte associée. Pour déverrouiller le mécanisme, il est en effet nécessaire de composer le bon code numérique.

Toutefois, ce boîtier ne se limite pas à cette seule fonction et il embarque également un GPS et un module de communication. Il sera donc capable de transmettre la position de sa porteuse à ses proches et aux autorités en cas d’agression sexuelle.

Kumari a en plus intégré une caméra au niveau du boîtier. Dans le cas où les secours arriveraient trop tard, la ceinture sera ainsi en mesure de photographier le ou les agresseurs afin de les identifier plus facilement.

L’adolescente espère que cet appareil pourra sauver des vies et limiter le risque de viol. Elle a par conséquent envoyé un premier prototype à la National Innovation Foundation pour le faire breveter et elle espère pouvoir développer dans les années à venir toute une gamme de vêtements spécialisés pour venir en aide à ses compatriotes.

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