Une nouvelle chronologie pour la naissance de la Terre

Si l’on se base sur le modèle communément admis jusqu’ici, la formation de la Terre aurait pris des dizaines de millions d’années. Toutefois, selon une étude réalisée en début d’année, cela pourrait être une erreur de croire à cette théorie. D’après les résultats de la recherche, il se pourrait que la naissance de la Terre relève d’un processus particulier, différent de celui par lequel se sont formés les planètes et astéroïdes du système solaire.

Jusqu’ici, on pensait que la Terre est née comme toutes les autres planètes du système solaire. Elle aurait vu le jour à partir d’un amas de poussière et de gaz qui n’a pas pu se former avec le soleil et a évolué indépendamment.

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Or, selon la nouvelle étude, elle serait issue d’une pluie de poussière cosmique et non de roches qui s’entrechoquent.

Ce mode de formation impliquerait un processus plus rapide que l’accrétion de roches plus grosses. Les résultats de la recherche, réalisée par l’Université de Copenhague au Danemark, ont été publiés dans Science Advances en février 2020.

Des propriétés similaires avec les chondrites CI

Pour aboutir à ces résultats, les chercheurs ont comparé des isotopes naturels du fer, tels que le Fe-56 et le Fe-54. A priori, la Terre, la Lune, Mars et les météorites en contiennent les mêmes proportions. Toutefois, la Terre est différente, car elle a beaucoup moins de Fe-54 que les autres.

La seule roche qui présente la même composition qu’elle est un type rare de météorite appelé « chondrites CI ».

Les chondrites CI ont la particularité d’avoir une composition similaire à celle du système solaire dans son ensemble. Elles étaient présentes l’aube du système solaire, il y a 4,6 milliards d’années. Elles auraient constitué la base sur laquelle se serait formé le disque protoplanétaire à l’origine de la Terre.

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La formation du noyau aurait eu lieu plus tôt

Le noyau de fer originel aurait évolué lorsque le système solaire s’est refroidi, juste quelques centaines de milliers d’années suite à sa naissance. La poussière cosmique provenant de l’extérieur serait venue écraser tout le fer du manteau terrestre.

Selon les calculs des scientifiques, ce disque protoplanétaire a donné naissance à la Terre environ 5 millions d’années après sa formation. Ils ont alors conclu que le processus d’accrétion de celui-ci devait avoir lieu durant ce laps de temps.

« Cette poussière CI ajoutée a surimprimé la composition en fer du manteau de la Terre, ce qui n’est possible que si la majeure partie du fer précédent a déjà été éliminée du noyau », a expliqué le géologue planétaire Martin Schiller de l’université de Copenhague. « C’est pourquoi la formation du noyau doit avoir eu lieu tôt. »

S’ils sont vérifiés par d’autres études, ces résultats pourraient bouleverser notre compréhension actuelle de la Terre et des autres planètes. Ils pourraient également aider les scientifiques à mieux cibler la recherche de la vie dans l’univers.

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