Une nouvelle étude laisse entendre que les cigarettes électroniques aromatisées à la menthe contiendraient une substance chimique cancérigène

Récemment, le gouvernement Trump a proposé l’interdiction de la commercialisation des e-cigarettes aromatisées en réponse aux différents cas de maladie pulmonaire liés au vaping qui sévissent aux États-Unis depuis maintenant plusieurs semaines.

Le 16 septembre dernier, les résultats d’une nouvelle étude sur les cigarettes électroniques ont été publiés dans la revue JAMA Internalt Medicine.

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Selon l’étude, la pulégone, une huile obtenue à partir de la menthe serait potentiellement cancérigène, alors qu’elle est  utilisée pour aromatiser les cigarettes électroniques. Auparavant, ce produit était employé afin de donner du goût aux chewing-gums et aux bonbons, jusqu’à ce que la FDA ou Food and Drug Administration interdise son utilisation en 2018.

Il a en effet été démontré lors de plusieurs tests sur des animaux que la pulégone pouvait avoir dans certains cas des effets cancérigènes.

Une quantité à ne pas dépasser

Sven Jordt, professeur associé d’anesthésiologie, de pharmacologie et de pathobiologie à Duke University et coauteur de l’étude a fait part de son inquiétude quant à l’utilisation de la pulégone dans les e-cigarettes.

De nombreux CDC ou Centers for Disease Control and Prevention ont également mis en évidence la présence d’une quantité importante de ce produit dans les cigarettes électroniques aromatisées au menthol et à la menthe ainsi que dans le tabac sans fumée.

Durant leurs recherches, Jordt et son équipe ont analysé le risque provoqué par l’inhalation ou l’ingestion de la pulégone. Ils ont ainsi calculé la marge d’exposition pour les personnes qui fument des e-cigarettes aromatisées ou qui utilisent du tabac sans fumée. La FDA estime qu’un  produit est sans danger « quand sa concentration dans les aliments est 10 000 fois inférieure à celle considérée comme étant cancérigène chez le rat ». La marge d’exposition du produit doit ainsi être supérieure ou égale à 10 000 pour que sa consommation ne représente aucun danger pour le consommateur.

Un risque inquiétant

Afin de connaître la marge d’exposition de cinq différentes marques d’e-cigarettes aromatisées à la menthe et au menthol et d’une marque de tabac sans fumée, les chercheurs ont effectué plusieurs calculs.

Les résultats tendent à montrer que les gros consommateurs de tabac sans fumée contenant de la pulégone ont une marge d’exposition de 325 tandis que les plus modérés ont une marge de 6 012.

Jordt a déclaré que les niveaux d’exposition étaient largement supérieurs à celui que la FDA a indiqué comme sûr. Selon ses dires, les conséquences de cette exposition ne seront probablement pas visibles dans l’immédiat, mais plutôt au cours des prochaines années.

Avec cette nouvelle découverte, on s’attend ainsi à de nouvelles dispositions du gouvernement Trump pour renforcer sa lutte contre les cigarettes électroniques aromatisées… ou tout du moins contre certains e-liquides.

Maintenant, il peut être utile de rappeler que si cette étude tend à affirmer que certains e-liquides pourraient potentiellement s’avérer dangereux, on sait au moins que le tabac, lui, présente un danger qui n’a absolument rien d’hypothétique ou de potentiel. D’après l’ANPAA, rien qu’en France, le nombre de décès attribuable au tabac serait de 73 000 par an.

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