Une opération de prévue ? Jouez aux jeux vidéo !

À l’issue d’une opération, les personnes âgées de 60 et plus sont majoritairement susceptibles de développer des syndromes délirants. Ces épisodes d’instabilité mentale peuvent s’avérer particulièrement dommageables pour les patients. Ils peuvent prolonger le séjour hospitalier, ralentir le processus de récupération, voire augmenter le risque de décès. Aux dernières nouvelles, une étude a démontré que les jeux vidéo pourraient être salutaires face à ce problème.

Dans les faits, les chercheurs ont prêté une tablette électronique à 268 patients ayant plus de 60 ans qui devaient affronter une opération majeure nécessitant une anesthésie générale.

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Les appareils ont été chargés d’applications de jeu cérébral. Dans le cadre de cette étude sur la « préhabilitation mentale » avant l’opération, les scientifiques leur ont tout simplement demandé d’y jouer pour s’entraîner le cerveau.

Les résultats sont assez prometteurs et ont été publiés dans la revue JAMA Surgery. L’étude a été conjointement menée par des chercheurs du Wexner Medical Center de l’université d’État de l’Ohio, et de la faculté de médecine de l’université du même État.

Plus vous jouerez, mieux ce sera !

Ces dernières années, les médecins ont essayé de réduire les risques de développer des troubles après la chirurgie par différents moyens. Il s’agit, par exemple, de préconiser de l’exercice physique et un régime alimentaire équilibré aux patients. Le souci, c’est que ces mesures, aussi utiles soient-elles, ne résolvent pas le problème des délires postopératoires.

Pour y remédier, les chercheurs de l’État de l’Ohio ont entamé cette étude et utilisé une application dédiée pour recueillir les données nécessaires. Comme prévu, ce ne sont pas tous les patients qui ont réellement joué.

Par contre, après avoir analysé les informations, ils ont constaté que ceux qui l’ont fait ont eu « 40 % de chances en moins d’avoir un délire postopératoire ». Ils ont également observé que « les résultats s’amélioraient à mesure que le nombre d’heures de jeu augmentait ».

Les risques de délire postopératoire ont diminué jusqu’à 61 %

Pour plus de détails, les patients qui ont pratiqué cette « neurobiothérapie » durant cinq à dix heures ont réduit leurs risques de complications psychologiques postopératoires à 50 %. Ceux qui ont joué plus longtemps ont vu les leurs diminuer de 61 %.

« Notre intervention a permis de réduire le risque de délire chez les patients qui étaient au moins au minimum conforme. Les activités idéales, le moment et la dose efficace des interventions basées sur l’exercice cognitif, pour diminuer le risque et le fardeau du délire postopératoire doivent être mieux étudiés », a déclaré le Dr Sergio Bergese, professeur d’anesthésiologie et de chirurgie neurologique, et coauteur de l’étude.

Les chercheurs ont souligné que l’utilisation des appareils électroniques n’est pas obligatoire. Tous les jeux qui stimulent l’activité cognitive feraient l’affaire.