Une pouponnière de requins préhistoriques a peut-être été découvert en Caroline du Sud

Selon une récente étude, le paisible recoin côtier de la formation de Chandler Bridge à Summerville, en Caroline du Sud, pourrait bien s’agir de la troisième pouponnière de requins fossiles jamais découverte.

Les deux premières pouponnières identifiées jusqu’à présent étant situées au Panama (pour des mégalodons ayant vécu il y a 10 millions d’années) et au Chili (pour des grands requins blancs qui ont vécu 5 millions d’années avant nous).

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Ces endroits étaient très utiles pour les prédateurs, car avant de prendre le large, les bébés requins avaient d’abord besoin d’un endroit tranquille où ils pouvaient grandir sans se faire emporter par le courant ou risquer de se faire attaquer par d’éventuels prédateurs.

D’autant que d’après les analyses de Robert Boessenecker et ses collègues, ce site situé en Caroline du Sud, fut autrefois rempli de nombre de proies faciles, ce qui en faisait un excellent endroit pour accueillir les bébés requins, il y a environ 25 millions d’années de cela.

La première pouponnière de Carcharocles angustidens jamais découverte

Le requin aux grandes dents également appelé Carcharocles angustidens vivait il y a 34 à 23 millions d’années avant nous. C’était une énorme créature pouvant faire plus de 8 mètres de long, contre seulement 6 mètres pour les grands requins blancs actuels (Carcharodon carcharias).

L’analyse de l’une des dents retrouvées dans cette supposée nurserie de Caroline du Sud révélait même que l’individu en question devait mesurer dans les 8,85 mètres de long (29 pieds), une taille record pour les spécimens de Carcharocles angustidens découverts jusqu’à maintenant.

Bien que cette recherche soit encore en attente d’approbation par un comité de lecture, la paléobiologiste Kenshu Shimada, qui a appris cette étude par le biais de la conférence annuelle du Society of Vertebrate Paleontology, se réjouit déjà de la prodigieuse découverte.

Un site exceptionnel révélé par l’analyse des dents retrouvées

Pour arriver à cette conclusion, les paléontologues ont examiné 87 dents de Carcharocles angustidens retrouvées sur le site. Parmi les échantillons analysés, 3 % appartenaient à des nourrissons, 8% à des adultes et 77% à des juvéniles, ce qui a conduit les chercheurs à suggérer qu’il s’agissait bien d’une pouponnière pour ces requins.

« La longueur moyenne des corps était de 4,8 mètres, ce qui signifie que le site ressemblait de plus en plus à une crèche de C. angustidens », explique Addison Miller, coauteur de l’étude.

Un bémol, ces conclusions pourraient être biaisées par la venue de collectionneurs de fossiles amateurs qui auraient auparavant pu récupérer les plus grandes dents. En effet, le site étant localisé sur une zone côtière accessible au public, tout le monde aurait pu déterrer les dents de requins et en prendre quelques-unes comme trophées.

Plus de preuves seront donc encore nécessaires pour trancher sur le fait qu’il s’agissait bien d’une pouponnière de requins du Paléocène.

Mots-clés paléontologie