Venus n’a peut-être pas abrité d’océans d’eau finalement

S’il y a une autre planète du système solaire qui pourrait abriter la vie, c’est bien Vénus. Elle est souvent appelée la “planète sœur de la Terre” en raison du nombre de similitudes que les deux planètes ont en commun.

Comme la Terre, Vénus fait partie de la zone habitable (ZH) de notre soleil, et elle est également une planète terrestre (c’est-à-dire rocheuse). Mais si Vénus est aujourd’hui une planète chaude et hostile à la vie, les scientifiques pensent qu’il y a des milliards d’années, elle avait des océans à sa surface et était habitable.

Venus, souvent considérée comme la jumelle de la Terre

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Une hypothèse qui est cependant mise à mal par une nouvelle étude.

La preuve de la présence d’océans autrefois sur Venus remise en question

Après avoir examiné les données radar de la coulée de lave Ovda Fluctus, une équipe de scientifiques du Lunar and Planetary Institute (LPI) a conclu que les hauts plateaux de Vénus sont probablement composés de roches de laves basaltiques, plutôt que de granits. Une information qui vient mettre à mal l’argument principal en faveur de la présence d’océans sur Vénus dans le passé, à savoir que le plateau des hautes terres d’Ovda Regio s’est formé en présence d’eau.

L’étude, publiée dans le Journal of Geophysical Research: Planets, a été menée par des membres du LPI avec l’aide de Frank Wroblewski (étudiant au Northland College dans le Wisconsin) et la professeure Tracy K.P. Gregg de l’Université de Buffalo. L’étude a débuté en 2018 dans le cadre d’un programme de stages d’été du LPI, un programme de 10 semaines qui offre aux étudiants de premier cycle l’opportunité de participer à des recherches de pointe. Ces étudiants sont jumelés à des scientifiques du LPI ou de la Division Astromaterials Research and Exploration Science (ARES) du Johnson Space Center de la NASA.

Ovda Regio, un plateau crustal situé près de l’équateur dans la région occidentale d’Aphrodite Terra, est la plus grande formation de ce type sur Vénus. Entre 1989 et 1994, la région a été minutieusement cartographiée par le satellite Magellan de la NASA. À l’époque, les scientifiques croyaient que les hautes terres étaient composées de roches granitiques, qui nécessitent la présence d’océans pour se former.

Ils ont ainsi émis l’hypothèse selon laquelle la présence de ces hauts plateaux était la preuve d’un océan passé. Mais après avoir cartographié à nouveau la coulée de lave d’Ovda Fluctus et examiné sa morphologie et son contexte géologique, l’équipe du LPI a conclu que sa composition était probablement basaltique.

Des roches basaltiques qui ne nécessitent pas d’océan pour se former

À la différence du granit, la roche basaltique est liée à l’activité volcanique et peut se former avec ou sans eau. Et cela pourrait avoir des conséquences importantes sur notre compréhension de l’histoire évolutive de Vénus, notamment en ce qui concerne son habitabilité.

“Nous en savons si peu sur la surface de Vénus. Si les hauts plateaux d’Ovda Regio sont constitués de roches basaltiques, comme c’est le cas  pour presque toutes les régions de Vénus, elles ont probablement été comprimées jusqu’à leurs hauteurs actuelles par des forces internes, probablement comme les montagnes résultant de la tectonique des plaques sur Terre.”explique Allan Treiman, scientifique au Universities Space Research Association (USRA) du LPI, et co-auteur de l’étude.

Vénus n’a pas toujours été la planète hostile qu’elle est aujourd’hui, où l’atmosphère est extrêmement chaude et toxique et la surface suffisamment chaude pour être visqueuse. Mais il y a environ 700 millions d’années, un événement géologique s’est produit, provoquant le resurfaçage de 80% de la planète. Les scientifiques pensent que cet événement a forcé la libération de quantités massives de CO² dans l’atmosphère, provoquant un effet de serre incontrôlé.

Alors, Vénus a-t-elle été un jour habitable ou pas ?

Selon des recherches récentes, Vénus aurait eu un environnement habitable durant des milliards d’années. Ce serait également la présence d’un océan planétaire qui serait à l’origine du ralentissement de la rotation de Vénus. Cela expliquerait pourquoi la planète met actuellement plus de 243 jours pour effectuer une seule rotation sur son axe, et dans la direction opposée à celle des autres planètes.

La nouvelle étude tend cependant à infirmer la présence d’océans autrefois sur Vénus. Mais cela ne veut pas dire pour autant que la première hypothèse est fausse. Vénus pourrait effectivement avoir été habitable pendant des milliards d’années avant que le resurfaçage ne la change.

Au cours de la prochaine décennie, d’autres missions sont prévues pour aller sur Vénus et étudier son atmosphère et sa surface plus en détail. Les découvertes que permettront de faire ces missions pourraient nous éclairer davantage sur le passé de cette planète du système solaire et son habitabilité.

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