Victor Lustig, l’homme qui a vendu la Tour Eiffel deux fois

Le nom de Victor Lustig ne vous dit peut-être rien, pourtant il est à l’origine de l’une des plus grandes escroqueries du 20ème siècle. Cet homme est entré dans l’histoire pour avoir vendu la Tour Eiffel deux fois. Son histoire commence en 1890.

Victor Lustig est né dans une famille d’origine tchèque qui faisait à l’époque partie de la bourgeoisie. Malgré son potentiel, le jeune homme s’est toujours montré peu disposé à travailler. Au lieu de suivre des études, il s’est tourné vers l’escroquerie.

tour eiffel
Crédits Pixabay

Après s’être fait la main avec de petites arnaques, Victor Lustig est monté d’un cran en décidant de vendre la Tour Eiffel sans en être le propriétaire.

A lire aussi : Il y a une Tour Eiffel qui se balade dans le désert de Gobi sur Google Maps

De proxénète à escroc

En 1909, Victor Lustig quitte sa ville natale pour mettre le cap sur Paris. Il commence alors à avoir de mauvaises fréquentations et embrasse pendant un temps une carrière de proxénète.  Quelques années après, il met le cap sur les États-Unis pour vivre à New York. C’est à son retour à Paris en 1925 que lui vient l’idée de vendre la Tour Eiffel.

Alors qu’il feuilletait les pages d’un journal, Victor Lustig a découvert que le monument devenait difficile à entretenir pour la ville de Paris. Notons qu’à cette période, Gustave Eiffel était déjà mort. Victor Lustig trouve alors un complice pour l’aider à mettre sur pied son plan.

Le poisson mord à l’hameçon

L’idée de Victor Lustig était de faire croire à ses victimes que la mairie mettait en vente la Tour Eiffel en raison de son entretien trop coûteux. Il a pris pour cible de grands ferrailleurs pensant que ces derniers étaient susceptibles d’être intéressés par la vente du monument. Et il ne s’est pas trompé ! Victor Lustig a convié cinq d’entre eux à une réunion concernant la prétendue vente de la Tour Eiffel. Il leur a présenté des documents falsifiés pour les faire tomber dans le panneau.

Victor Lustig a promis que le futur propriétaire de la Dame de Fer ferait l’acquisition de 2,5 millions de rivets et de 15 000 poutres. Un ferrailleur du nom d’André Poisson est malheureusement tombé dans le piège de l’escroc. Après la transaction qui s’est déroulée au Crillon, Victor Lustig a encaissé le chèque et s’est envolé pour l’Autriche. Lorsqu’André Poisson s’est rendu compte de l’arnaque, il était déjà trop tard.

Quelques années plus tard, Victor Lustig a essayé de faire la même escroquerie à un autre acheteur. Fort heureusement, ce dernier a eu la présence d’esprit de contacter la police. La cavale de Victor Lustig a pris fin aux États-Unis où il a été emprisonné à Alcatraz.