L’effondrement de l’observatoire d’Arecibo filmé par un drone

L’Observatoire d’Arecibo n’est plus. Fragilisée par la rupture de deux câbles en novembre, la plateforme supérieure de l’antenne a fini par céder et par tomber en direction de cette dernière. Et tout a été filmé par un drone.

La communauté scientifique est en deuil. Plus tôt dans la semaine, la plateforme supérieure du radiotélescope, une plateforme pesant tout de même 900 tonnes, a en effet basculé vers l’antenne, la détruisant en partie.

Le radiotélescope d'Arecibo - crédits Google Maps
Le radiotélescope d’Arecibo – crédits Google Maps

Les dommages sont conséquents. Trop pour pouvoir être réparé. L’observatoire, qui devait de toute manière être fermé, sera donc démantelé. La fin d’une histoire.

La fin de l’observatoire d’Arecibo

Car Arecibo n’était pas juste un instrument de plus pointé vers les étoiles ; bien au contraire, il a été à l’origine de nombreuses découvertes et il a également été utilisé dans le cadre de plusieurs centaines de missions depuis sa création. Non content de nous permettre de détecter les astéroïdes en approche – la tâche sera désormais plus compliquée – il nous a également permis d’envoyer des signaux à travers l’espace.

Un effondrement qui laissera des séquelles, donc, et qui a également été filmé par une caméra de sécurité ainsi que par celle d’un drone en opération dans les parages au moment de l’accident.

L’opérateur du drone était en effet en train de se livrer à une mission de contrôle lorsqu’il a réalisé que la plateforme supérieure commençait à se décrocher. Il a donc braqué la caméra de l’aéronef dessus et il a capturé la chute de la plateforme ainsi que son impact sur l’antenne.

A l’origine, la mission était mandatée par la NSF. Cette dernière avait en effet demandé à ce que soit réalisés des contrôles réguliers de la structure de l’antenne en raison de la rupture de deux câbles en novembre dernier.

La vidéo nous en apprend ainsi un peu plus sur le déroulé de l’accident et elle montre notamment que plusieurs autres câbles se sont brisés avant la chute de la plateforme. C’est ce qui a provoqué son basculement fatal. Mais ce n’est pas tout, car la séquence montre aussi l’effondrement des trois tours de soutien qui entouraient la structure.

Un remplaçant, dont on ne sait encore rien

En soi, l’effondrement du radiotélecope n’a pas été une réelle surprise. On savait la structure fragilisée suite à la rupture des deux câbles en novembre. Après avoir évalué la situation, les administrateurs de l’observatoire avaient d’ailleurs décidé de ne pas engager des travaux. Pour eux, une intervention sur la plateforme supérieure aurait en effet été trop dangereuse.

L’histoire semble leur avoir donné raison. Un tel effondrement aurait laissé peu de chances aux équipes d’intervention.

La NSF, de son côté, se veut rassurante. Elle a en effet indiqué qu’il y avait un processus pour le remplacement de grands instruments. En revanche, pour le moment, le directeur de la division des sciences astronomiques de l’organisation a refusé de donner plus d’informations sur un possible remplaçant d’Arecibo.