Vietnam : un singe rare mangé en direct sur Facebook Live

Le 17 décembre dernier, six Vietnamiens ont publié une scène horrible via Facebook Live. Dans la vidéo, ils mangeaient un singe appartenant à une espèce dangereusement menacée. D’après les autorités locales, ils ont « retiré le cerveau du langur, l’ont mangé en direct et ont bu son sang ».

Le geste a été interprété comme une infraction à la loi vietnamienne. Les contrevenants ont été arrêtés jeudi dernier par la police de la province d’Ha Tinh, dans le centre du Vietnam.

Facepalm

Le plus jeune d’entre eux est âgé de 35 ans, et le plus vieux a 59 ans. Ils sont poursuivis pour violation des régulations concernant les espèces protégées. Les langurs, appelés aussi entelles ou semnopithèques, font partie des espèces les plus menacées au monde. Sa survie dépend de celle d’une population vivant dans le Nord du Vietnam.

Questionnés par la police, les hommes ont avoué avoir acheté l’animal à un chasseur. Ils l’auraient eu pour la somme de quarante euros.

Des organes d’animaux rares ou domestiques comme ingrédients

La législation vietnamienne concernant la protection des espèces protégées et le trafic animalier est particulièrement sévère. Cependant, le pays fait toujours de partie de ceux où les trafics d’animaux sont les plus fréquents. Les trafiquants approvisionnent à la fois le marché local et celui de la Chine.

Rappelons que les deux pays ont des spécialités culinaires particulièrement marquées par l’utilisation d’organes d’animaux comme ingrédients. Parmi les demandes de plusieurs restaurants, on trouve souvent des animaux en voie de disparition ou domestiques. Comme les tortues, les chiens et les chats, les singes y sont très appréciés pour leur viande.

Par ailleurs, la composition de nombreuses préparations de la pharmacopée traditionnelle vietnamienne requiert parfois des organes animaux. Ces derniers sont considérés comme ayant des vertus quasi magiques.

Les marchandises de contrebande sont systématiquement détruites

En outre, les douaniers vietnamiens rencontrent souvent des animaux illégalement importés de la Chine. Le problème est que, selon la loi vietnamienne, les marchandises de contrebande devront systématiquement être détruites. En 2015, par exemple, les autorités ont dû enterrer vifs des milliers de chats trouvés dans le camion d’un contrebandier, provenant de la Chine.

« Les chats provenaient de Chine, n’avaient pas de papiers d’origine et n’avaient pas subi de quarantaine », avait déclaré un policier du district de Dong Da à l’AFP. « Plusieurs d’entre eux étaient morts, il y avait une odeur terrible et un risque de propagation de maladies », a-t-il précisé. « Par conséquent, nous les avons tués en les enterrant. »