Virus géants : des chercheurs identifient plus de 300 types de phages aux capacités évoluées

Des chercheurs de l’université de Californie viennent de découvrir l’existence de plus de 300 virus bactériophages dont la taille dépasse de loin celle des virus ordinaires. Outre leur taille, ces phages sont aussi dotés de gènes jusqu’ici normalement retrouvés dans les organismes et les cellules vivantes. Ces gènes spécifiques leur confèrent alors la capacité de réaliser des actions complexes.

D’après le témoignage de Jill Banfield, professeur à Berkeley, Université de Californie, « les génomes [trouvés] sont grands, certains beaucoup plus grands que les phages ‘typiques’ ». Les chercheurs ont découvert que la taille du spécimen le plus grand peut aller jusqu’à 10 fois la taille génétique du phage moyen.

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Ces nouvelles découvertes illustrent bien le peu de connaissances des scientifiques sur les virus. L’idée sur fait que les virus sont des entités non vivantes devient donc totalement obsolète.

Des bactériophages géants

Les découvertes de ces dernières années montrent qu’il existe plusieurs sortes de virus géants. Le professeur Banfield et son équipe affirment en avoir découvert 300 de plus qui possèdent au moins 200 000 paires de bases d’ADN.

Le plus grand d’entre eux avait plus de 735 000 paires de bases.

Ces virus géants ont été découverts à partir de prélèvements sur des crottes humaines et animales, sur des plans d’eaux frais et marins et des sédiments boueux ou des sources chaudes. Autant dire, un peu partout autour de nous.

Les conclusions des travaux menés par Banfield énoncent que les énormes phages qu’ils ont découverts ne sont pas étroitement liés aux autres virus géants malgré leurs similitudes. L’équipe a d’ailleurs divisé les 350 phages découverts en 10 clades (groupes) nommés distinctement.

Comportements complexes

Outre la taille particulièrement grande de ces virus, il s’avère que ceux-ci possèdent des gènes qui leur permettent de réaliser des actions complexes. Parmi ces gènes, on retrouve certains phages énormes avec des gènes CRISPR. D’après Basem Al-Shayeb, auteur de l’étude, ces gènes CRISPR pourraient être utilisés par les grands phages pour aider leurs hôtes à repousser les autres virus.

Alors qu’on ne les rencontre généralement que dans les amibes ou dans les environnements éloignés des humains, des phages géants ont été retrouvés à l’intérieur des bactéries intestinales de personnes vivant au Bangladesh. Une étude plus récente montre même l’existence de phages plus grands situés aux quatre coins du monde.

Le risque pour l’homme est donc bien présent même si peu de recherches ont été jusqu’à présent initiées sur les effets des grands phages sur la santé humaine.

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