Voici la liste de toutes les missions planétaires de la NASA

Les ambitions d’exploration spatiale de la NASA sont grandes, et l’agence américaine veut se donner tous les moyens d’y parvenir. Elle vient ainsi de financer un ensemble d’études portant sur des concepts de missions planétaires afin de déterminer ses possibilités d’exploration spatiale dans un avenir proche. Ces études seront publiées dans le 2023 Planetary Science Decadal Survey, un rapport publié tous les 10 ans environ par le US National Research Council.

Toutes ces études de concepts ne deviendront pas des missions à part entière; et même si elles deviennent des missions, il n’y a aucune garantie qu’elles soient complètement développées par la suite par la NASA. Ces concepts n’en demeurent pas moins intéressants pour autant.

astronaute dans l'espace

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Parmi eux on trouve évidemment des concepts de missions vers Mars et la Lune (qui sont la priorité de la NASA actuellement), mais nous allons plutôt nous attarder ici sur d’autres missions planétaires qui sont toutes aussi intéressantes.

Neptune

Cela peut sembler surprenant, mais la NASA n’a jamais envoyé de sondes dédiées aux planètes extérieures du système solaire, on parle ici des géants de glace Neptune et Uranus. Ce qui évidemment crée un grand vide dans notre connaissance de notre système solaire, mais aussi des exoplanètes en dehors, car il existe probablement de nombreuses autres planètes comme Neptune dans la galaxie.

Abigail Rymer, physicienne planétaire à l’Université Johns Hopkins, et ses collègues, pense que cette question doit être résolue. Ils ont ainsi proposé à la NASA un concept de mission vers le système solaire externe pour étudier non seulement Neptune, mais aussi sa lune, Triton – qui a la particularité d’être la seule lune du système solaire à orbiter sa planète contre la rotation de celle-ci.

En plus, d’après les données recueillies par la sonde Voyager 2, il se pourrait que Triton soit également une lune d’océan. Une mission planétaire vers cette partie négligée du système solaire permettrait donc d’étudier Neptune, et d’en savoir plus sur la composition intérieure et l’histoire de Triton.

Encelade

Europe n’est pas la seule lune glacée dans le système solaire, il y a aussi Encelade, l’énorme lune glacée de Saturne, que les astrobiologistes ont pu observer avec enthousiasme. Encelade cache sous sa coquille gelée un océan liquide, et dans cet océan se trouvent de grosses molécules organiques riches en carbone.

La scientifique en sciences planétaires Shannon MacKenzie, de l’Université Johns Hopkins, et ses collègues, souhaitent donc envoyer une mission sur Encelade pour l’étudier de plus près. L’objectif de cette mission serait de sonder les profondeurs de cette lune gelée, de prélever des échantillons de ses panaches et d’essayer de savoir s’il existe des microbes vivant dans ses cheminées hydrothermales.

Vénus

Vénus est sans doute l’une des planètes les plus difficiles à étudier de notre système solaire. Pour preuve, on a essayé d’y poser des atterrisseurs à plusieurs reprises, mais sans succès. Le fait est que la surface de Venus est extrêmement inhospitalière : elle est recouverte d’épais nuages ​​de dioxyde de carbone et d’acide sulfurique, la température de surface est en moyenne de 462 degrés Celsius, et la pression atmosphérique y est d’environ 90 fois celle de la Terre.

Pour autant, il reste encore beaucoup de questions en suspens à propos de cette planète qui est très proche de la Terre en termes de taille et de composition. Les scientifiques planétaires se demandent notamment pourquoi en dépit de leurs similitudes la Terre est si agréable, et Vénus si hostile ? Certaines preuves laissent même penser que les deux planètes étaient autrefois beaucoup plus semblables.

Autant de raisons qui poussent la géologue planétaire Martha Gilmore de la Wesleyan University et ses collègues à vouloir mettre en place une mission pour tenter de comprendre ce qui est différent sur Vénus.

Cérès

Découverte le 1er janvier 1801, Cérès est à la fois la plus petite planète naine reconnue du Système solaire, et le plus gros astéroïde de la ceinture principale d’astéroïdes située entre les orbites des planètes Mars et Jupiter. C’est d’ailleurs l’objet le plus grand et le plus massif de cette ceinture avec un diamètre d’environ 950 kilomètres. Mais Cérès est également intéressant de par sa constitution : il est chargé d’eau.

La sonde spatiale Dawn de la NASA a passé trois ans à faire des observations de Cérès, et elle a notamment détecté de la vapeur d’eau en provenance de la planète naine, de même qu’un étrange bouton de montagne qui semble être un volcan qui crache de la boue salée. Julie Castillo, spécialiste en sciences planétaires au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, et ses collègues, pensent cependant qu’il y a davantage à apprendre à propos de Cérès.

Selon Julie Castillo et ses collègues, les données fournies par Dawn ne permettent pas de répondre à certaines questions, comme par exemple si Cérès était ou pourrait être habitable. D’autres interrogations subsistent également comme les conditions environnementales de ses débuts océaniques, la nature de son cycle volatil et de ses panaches de vapeur, ou encore la composition de sa croûte supérieure.

L’équipe de scientifiques suggère donc dans son étude d’envoyer une autre sonde spatiale et un ou plusieurs rovers – y compris une mission pour prélever et rapporter des échantillons sur Terre. Ce qui nous permettrait de répondre à ces questions et de déterminer si Cérès a déjà été ou pourrait être favorable au développement de la vie.

Vous pouvez lire les résumés de l’ensemble des projets sélectionnés par la NASA ici.

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