Voici l’Asteracanthus ornatissimus, un requin du Jurassique récemment re-découvert en Allemagne

Depuis au moins 180 ans, la communauté scientifique nous décrit à quoi pouvait ressembler l’Asteracanthus ornatissimus, un requin hybodontiforme qui vivait sur notre planète durant le Jurassique, il y a environ 150 millions d’années. Cela s’est fait alors que les chercheurs n’avaient aucun ossement entier de cet animal des temps anciens à leur disposition.

Mais actuellement, comme nous l’apprend une étude récemment publiée dans la revue Papers in Palaeontology, les paléontologues ont enfin mis la main sur des restes complets d’Asteracanthus ornatissimus. C’est une équipe constituée de paléontologues autrichiens et suisses qui a fait cette importante découverte.

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Photo de George Desipris. Crédits Pexels

Les analyses menées sur ces restes fossiles d’Asteracanthus ornatissimus récemment retrouvés en Allemagne démontrent qu’en plus d’avoir été vraiment terrifiant, ce monstre était au sommet de la chaîne alimentaire dans l’écosystème du Jurassique dans lequel il vivait.

L’Asteracanthus ornatissimus était vraiment impressionnant

Le Dr Sebastian Stumpf de l’Université de Vienne (Autriche), et ses compères ont tenu à souligner que le groupe des hybodontiformes, dont fait partie l’Asteracanthus ornatissimus, est étroitement lié aux requins et aux raies modernes. Apparus il y a environ 361 millions d’années, les hybodontiformes ont survécu à 2 événements historiques d’extinction sur 5, pour enfin disparaître à la fin du Crétacé.

Les dimensions des hybodontiformes pouvaient être comprises entre seulement quelques centimètres et 3 mètres de long. Et suite aux analyses menées sur l’Asteracanthus ornatissimus, les chercheurs ont pu avancer que ce dernier était l’un des plus impressionnants de son groupe.

Durant le Jurassique, les squales et les raies modernes n’atteignaient pas souvent les 2 mètres. Cela rendait l’A. ornatissimus encore plus extraordinaire. Autre caractéristique, ce monstre disposait d’une paire de nageoires dorsales, constituée de grandes épines bien distinctes.

Les examens portant sur les dents de cet animal sont révélateurs

Lorsque les chercheurs se sont penchés sur les dents de l’Asteracanthus ornatissimus, qui sont au nombre de 150, les résultats sont étonnants.

Les analyses ont en effet permis de constater que chaque dent est constituée d’une impressionnante cuspide, une protubérance qui permet à la dent de s’emboîter avec celle qu’elle a en vis-à-vis sur l’autre mâchoire. Chaque dent est également entourée de nombreuses autres cuspides, plus petites, disposées sur chaque côté.

Selon le Dr Stumpf, les caractéristiques de la dentition de l’A. ornatissimus démontrent que ce géant des mers se trouvait être un redoutable prédateur, qui était capable de s’attaquer à divers types d’animaux et régnait en maître dans les océans du Jurassique.

Reconstruction de l’Asteracanthus ornatissimus. Crédits Sebastian Stumpf / Fabrizio De Rossi