Voici le Parasaurolophus cyrtocristatus, un dinosaure à bec de canard à la crête bien étrange

Le Parasaurolophus cyrtocristatus est une espèce de dinosaure ornithopode herbivore qui possède une étonnante et très courte crête tubulaire qui se courbe brusquement vers l’extrémité arrière du toit du crâne.

Et il y a quatre ans, la découverte d’un crâne partiel de Parasaurolophus cyrtocristatus en excellent état de conservation, dans le nord-ouest du Nouveau-Mexique, au fond du désert de Bisti/De-Na-Zin, a finalement révélé la structure osseuse de la crête de cet étrange dinosaure à bec de canard.

Photo de Ľubomír Čelár. Crédits Pixabay

Ainsi, ce qui distingue le P. cyrtocristatus des autres espèces reconnues de Parasaurolophus tels que le  P. walkeri et le P. tubicen sont justement la forme et la longueur des crêtes. Pour information, ces trois espèces de Parasaurolophus ont vécu dans ce qui est aujourd’hui l’Amérique du Nord, pendant la période du Crétacé, c’est-à-dire, il y a environ 76,5 à 73 millions d’années.

Un écosystème subtropical propice au développement des dinosaures

À l’époque, lorsque le Parasaurolophus cyrtocristatus et ses congénères vivaient dans cette région, une large voie maritime divisait l’Amérique du Nord en deux masses continentales distinctes.

D’un côté, Laramidia, un ruban de terre situé à l’ouest, qui s’étendait de l’Alaska jusqu’au centre de l’actuel Mexique était alors le siège de multiples événements géologiques qui ont fini par donner les fameuses Montagnes Rocheuses d’aujourd’hui.

De l’autre côté, cette formation naissante a aidé à l’apparition de divers écosystèmes peuplés de dinosaures le long du flanc est, à l’instar des dinosaures à bec de canard sans crête et ceux avec des crêtes, des dinosaures à cornes, des tyrannosaures primitifs, des groupes modernes et émergents d’alligators, mais également pas mal de tortues et de plantes.

Un spécimen dont la crête bizarre fait l’objet de plusieurs suppositions

Pour information, le Parasaurolophus cyrtocristatus a été identifié pour la première fois à partir d’un fossile partiel déterré au Nouveau-Mexique en 1923 par Charles H. Sternberg, le légendaire chasseur de fossiles. Sa crête ornementale a depuis fait l’objet d’une controverse.

Après l’étude du fossile découvert il y a quelques années, les paléontologues ont trouvé que la crête du P. cyrtocristatus ressemblait assez à celles des autres dinosaures à bec de canard.

Il faut savoir que les chercheurs ont longtemps pensé que ces dinosaures respiraient aussi à travers cette espèce de tuyau conduisant l’oxygène vers sa tête et qu’ils étaient de supers renifleurs. Cependant, les récents résultats suggèrent que ces crêtes serviraient plutôt à ces dinosaures pour communiquer entre eux. Ces appendices fonctionneraient alors comme des résonateurs sonores et serviraient une fin plus visuelle entre les diverses espèces.

Dans un cas comme dans l’autre, de nouvelles caractéristiques qui différencieront davantage le Parasaurolophus cyrtocristatus et qui aideront à déterminer le rythme de l’évolution de cette fameuse crête chez les différentes espèces de Parasaurolophus pourraient être révélées si on arrive à mettre la main sur un matériel plus complet.

Cette étude a été publiée dans la revue PeerJ.

Reconstruction de la tête du Parasaurolophus cyrtocristatus. Crédits Andrey Atuchin