Voici le plus petit bateau sorti d’une imprimante 3D (mais ça va beaucoup plus loin que ça)

Les imprimantes 3D continuent à s’améliorer au niveau de la précision. Dans une étude publiée dans la revue Soft Matter, des chercheurs de l’Université de Leiden (Pays-Bas) ont ainsi relaté leur exploit, parvenant à imprimer le plus petit bateau au monde. Affectueusement baptisée Benchy, la minuscule embarcation fait seulement 30 micromètres (c’est plus fin d’un cheveu).

Il ne s’agit pas seulement de s’amuser à faire des modèles réduits, les applications et la précision de cette technologie a un énorme potentiel pour une utilisation dans pas mal de domaines, notamment la science. Un exemple concret : une navette microscopique pourrait faire des miracles dans le monde de la médecine et de la chirurgie.

Une imprimante 3D en action

Photo de Lutz Peter. Crédits Pixabay

La technique de polymérisation à deux photons utilisée pour imprimer ce bateau microscopique s’est ainsi révélée très efficace. Les chercheurs démontrent qu’avec cette technique, on peut faire ressortir les petits détails au micromètre près.

Benchy nous prouve qu’on peut faire beaucoup de choses avec l’impression 3D

L’équipe a démontré avec Benchy qu’on peut aller très loin dans la modélisation et l’impression en trois dimensions de différents objets, avec tous les minuscules détails qui vont avec.

En fait, la raison pour laquelle elle a imprimé un bateau est que c’est un modèle standard pour tester la qualité d’une impression 3D, surtout dans les petits détails. Ainsi, Benchy n’est au fond qu’un bateau comme les autres, mais beaucoup plus petit.

Mais l’intérêt de la chose va bien est au-delà. À ce niveau de précision, jusqu’alors les scientifiques n’ont pu construire que des objets assez basiques en forme et en capacités. Benchy prouve que l’on est désormais capable de faire des microconstructions très précises.

La polymérisation à deux photons, une technique qui nous emmènera loin

La technique de polymérisation à deux photons consiste à modeler les formes à partir d’une sphère de polymère photosensible. Daniela Kraft, l’une des auteurs de l’étude, explique qu’un laser vient donner la forme que l’on veut à la boule de polymère. « En déplaçant le laser dans la gouttelette de polymère photosensible de manière contrôlée, nous pouvons tracer la forme de l’objet que nous voulons ».

La problématique que les chercheurs devront maintenant résoudre réside dans la manière selon laquelle on pourra les faire se déplacer. En effet, pour qu’une micronavette soit capable de nager dans le sang, trop visqueux pour faciliter le déplacement du petit engin, ce dernier devrait être équipé d’une solution de propulsion comme celle des bactéries ou des spermatozoïdes.

Une application médicale de cette technique d’impression révolutionnaire n’est donc pas pour l’immédiat. Néanmoins, les choses évoluent et on se rapproche petit à petit de l’objectif.