Voici le premier animal qui ait jamais hiberné selon les paléontologues

D’après les paléontologues, l’hibernation de certaines espèces animales n’est pas un mécanisme physiologique récent. C’est au contraire, une capacité que ces animaux ont adoptée depuis près de 250 millions d’années.

L’analyse des restes du Lystrosaurus, un ancien mammifère qui a vécu au cours du Trias, a permis aux chercheurs d’aboutir à cette conclusion dans le cadre d’une étude dont les résultats ont été récemment publiés dans Communication Biology.

Un hérisson endormi

Crédits Pixabay

Bizarrement, cette étude ne concerne pas un ascendant des ours ni des chauves-souris, ou d’autres animaux contemporains qui hibernent, mais d’une tout autre créature de la taille d’un porc, appelé Lystrosaurus.

Le mode de vie de l’animal observé dans ses dents

Des fossiles de Lystrosaurus ont été retrouvés en Antarctique, mais également en Afrique du Sud. La reconstitution de ces restes fossilisés révèle que c’était un animal corpulent, doté d’une paire de défenses distinctives recourbées vers le bas à l’extrémité de son museau, à la manière de certains mammifères marins.

Ce sont d’ailleurs ces défenses qui ont aiguillé les chercheurs sur la biologie de cet animal. En effet, ces défenses croissaient au cours de sa vie, et à la manière des cernes d’un arbre, les différents anneaux de croissance témoignent au final des différentes périodes de croissance de l’animal.

L’analyse des défenses de 10 spécimens de Lystrosaurus provenant d’Afrique et de l’Antarctique a permis aux chercheurs de distinguer des différences entre les marques de croissance observées sur leurs dents. Les échantillons provenant de l’Antarctique ont en effet montré des phases de réduction de croissance et de stress distinctes. Ce que les paléontologues associent à des périodes d’hibernation.

Une période essentielle pour les animaux du pôle Sud

Apparemment, les marques de croissance des dents sont présentes chez de nombreux animaux qui hibernent. Selon ces chercheurs, certes, elles ne constituent pas encore une preuve irréfutable que les Lystrosaurus hibernaient effectivement.

Toutefois ce sont les plus anciens indices qu’on peut associer avec ce mécanisme retrouvé chez les animaux modernes. En effet, face aux environnements extrêmes comme c’est le cas en Antarctique, entrer en hibernation permet à l’animal de conserver son énergie en ralentissant son métabolisme, jusqu’à ce que l’air se réchauffe.

Megan Whitney, paléontologue à l’Université de Harvard suggère que ce devait déjà être le cas il y a 250 millions d’années avec le Lystrosaurus. Et il s’agirait donc d’une ancienne forme d’adaptation. Ce qui laisse à supposer que d’autres animaux de l’époque l’avaient également développé. Reste à trouver des preuves qui vont dans ce sens.

Vue d’artiste du Lystrosaurus en train d’hiberner. Crédits Crystal Shin