Voici le Titanichtys, un poisson géant tout en armure … mais fragile de la mâchoire

Selon une étude publiée dans la revue Royal Society Open Science, il y a environ 380 millions d’années (Dévonien), une espèce de poisson géante et disposant d’une armure de plaques osseuses baptisée Titanichthys, aurait vécu sur Terre.

Cette espèce de placoderme a appartenu à une classe de poissons éteinte depuis longtemps. Il aurait vécu, à en croire les scientifiques, dans les mers peu profondes du Maroc, d’Amérique du Nord et d’Europe. D’ailleurs, le fossile presque complet de la mâchoire inférieure de cet animal, a été retrouvé dans le bassin du Maïder au Maroc, qui abritait alors une mer.

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Photo de George Desipris. Crédits Pexels

La mâchoire du Titanichthys qui a été découverte fait plus d’un mètre de large. Ce qui suggère que la taille de ce poisson géant devait probablement dépasser les 5 mètres. On est donc en présence d’un placoderme vraiment impressionnant. Toutefois, il semble bien que le Titanichthys ait eu un régime alimentaire différent de celui des poissons géants qu’il côtoyait alors, à cause de la fragilité de sa mâchoire.

Un poisson géant à la mâchoire fragile

Afin de connaître la résistance de la mâchoire du Titanichthys, et d’indirectement connaître ses proies, Samuel Coatham, paléobiologiste de l’Université de Bristol (Angleterre), Christian Klug, professeur à l’Université de Zurich (Suisse), ainsi que d’autres chercheurs ont fait appel à une méthode mathématique baptisée FEA (Finite Element Analysis). On définit alors la résistance de la mâchoire de diverses espèces, en y appliquant virtuellement de fortes pressions.

Vu les résultats des tests réalisés, la mâchoire d’autres placodermes géants, tels que le Dunkleosteus, était nettement plus robuste que celle du Titanichthys. Coatham en a déduit que cette espèce ne devait pas chasser des proies imposantes ou dotées d’une carapace résistante.

En effet, les caractéristiques de la mâchoire du Titanichthys n’étaient clairement pas adaptées à cela. D’autres études ont permis de déterminer que le Titanichthys se nourrissait plutôt des proies similaires à celles des requinspèlerins, en l’occurrence du plancton ou de petits poissons comme les maquereaux ou les sardines actuels.

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Une méthode qui servira à tous les paléontologues

Selon Samuel Coatham, les techniques utilisées durant cette étude pourraient aisément être appliquées sur d’autres fossiles d’animaux, même si ce ne sont pas des poissons. Grâce aux résultats obtenus, la compréhension de l’évolution ou de l’extinction de nombreuses espèces seront ainsi à portée de main, déclare ce dernier.

Toujours selon Coatham, il y a forcément un lien entre l’évolution du Titanichthys et la productivité des océans, même si cela nécessite plus d’études avant de l’affirmer. Cette découverte pourrait aussi éclaircir la communauté scientifique, dans la compréhension de la conservation de certaines caractéristiques d’espèces fossilisées par diverses espèces modernes.

Le Titanichtys, un poisson du Dévonien tout en armure