Voici une exoplanète sur laquelle l’année ne dure que 36 heures, et avec deux étés et deux hivers par an

Grâce au télescope spatial TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) de la NASA, les astronomes ont fait la découverte de KELT-9b, en 2017. Une planète pour le moins bizarre, orbitant autour d’une étoile tout aussi particulière, baptisée KELT-9.

En fait, KELT-9b est une planète extrêmement chaude. Mais ça ne s’arrête pas là. Cette exoplanète ne prend que 36 heures pour orbiter autour de KELT-9, à 650 années-lumière de nous, dans la constellation du Cygne. Et à chaque tour d’orbite, la planète connaît deux étés et deux hivers, ce qui n’est pas commun.

Voici une exoplanète où l’année ne dure que 36 heures, mais avec deux étés et deux hivers par an

Crédits Pixabay

John Ahlers de l’USRA (Universities Space Research Association), Knicole Colón du centre Goddard de la NASA ainsi que Jason Barnes de l’Université de l’Idaho ont récemment fait part de leurs résultats sur les nombreuses particularités de KELT-9 de KELT-9b, dans le cadre d’une étude publiée dans la revue Astronomical Journal.

KELT-9b, une exoplanète où il ne ferait pas bon vivre

En premier, il faut savoir que la température à la surface de KELT-9b est d’environ 4 327 °C. Ce qui fait de cette planète géante, de la catégorie de Jupiter, une exoplanète très chaude. La raison ? KELT-9 lui envoie 44 000 fois plus d’énergie que notre Soleil n’en envoie à la Terre.

Deuxièmement, grâce aux données récoltées avec l’observatoire TESS de la NASA, des mesures faites toutes les 2 minutes sur KELT-9b, sur la période du 18 juillet au 11 septembre 2019, les chercheurs ont découvert que cette exoplanète géante, particulièrement chaude, connaît deux étés et deux hivers, et chaque saison y dure 9 heures.

En fait, quand la planète passe au-dessus des pôles chauds de KELT-9, c’est l’été. Et quand elle passe au niveau de la partie équatoriale froide de son étoile, c’est l’hiver. Au final, à chaque orbite, la planète passe par deux étés et deux hivers.

À lire aussi : AU Mic, l’exoplanète qui nous en apprendra peut-être plus sur la genèse de la Terre

Ce mécanisme étrange est en grande partie dû à KELT-9

À l’instar de KELT-9b, KELT-9 est tout aussi bizarre, comme l’ont souligné les astronomes. Faisant deux fois la taille de notre Soleil, cette étoile est approximativement 56 % plus chaude que notre étoile. Ajouté à cela, KELT-9 tourne 38 fois plus rapidement et chacune de ses rotations complètes dure 16 heures.

De ce fait, KELT-9 se déforme et s’aplatit aux pôles tandis que sa section équatoriale grossit. La température augmente alors au niveau des pôles de l’étoile, alors que celle de sa région équatoriale est plus froide et devient plus sombre.

Au départ de chaque orbite, KELT-9b se retrouve donc au niveau d’un des pôles brillants de KELT-9. La lumière et de la chaleur qui y arrivent vont diminuer au fur et à mesure que l’exoplanète voyage vers l’équateur sombre de son étoile. Le phénomène contraire se produit quand elle continue son périple vers l’autre pôle.

Sur tous les points, que ce soit pour KELT-9b que pour l’étoile autour de laquelle elle orbite, les chercheurs se disent étonnés. Jason Barnes indique même que les observations qu’ils ont effectuées sont des plus incroyables.

Comme quoi, l’univers et les objets qu’il contient auront toujours de quoi nous stupéfier.

À lire aussi : On a découvert une nouvelle exoplanète habitable en analysant d’anciennes données de Kepler