Voilà pourquoi l’alcool est utilisé pour préserver des choses

Si vous avez déjà visité des musées ou des laboratoires, vous aurez certainement remarqué la présence d’espèces conservées dans des bocaux en verre. C’est grâce à l’alcool contenu dans ces bocaux que la préservation de ces animaux décédés depuis des années est possible. Les experts parlent de conservation de collections anatomiques en fluide.

Les scientifiques utilisent cette technique depuis les années 1600 pour conserver d’étranges spécimens. La réussite de ce processus dépend entièrement de l’alcool. Si elle est réalisée correctement, la conservation en fluide peut permettre de préserver des échantillons pendant des centaines d’années.

Une pinte de bière
Image par Kev Pask de Pixabay

Si vous voulez savoir d’où l’alcool tient ce grand pouvoir de conservation, continuez votre lecture !

Comment ça marche ?

Les experts utilisent de l’alcool pour préserver certains spécimens en raison de sa toxicité. Comme l’explique le professeur Bill Carroll de l’Université Bloomington d’Indiana, « l’alcool est toxique pour certains microorganismes responsables de la décomposition. » Ce dernier a pris l’exemple du vin pour illustrer ses propos.

Pour faire du vin, on compte sur la levure pour manger le sucre contenu dans les raisins. À l’issue de ce processus, on obtient de l’alcool. Cependant, la levure en secrète en trop grande quantité. Elle finit alors par être tuée par la forte concentration d’alcool qui devient toxique pour elle. Ensuite, environ 14% des composants de l’alcool empêchent la production de bactéries au fil du temps.

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70% d’alcool et 30% d’eau

Katherine Maslenikov, responsable de la gestion des collections anatomiques en fluide du Burke Museum de Seattle, a déclaré qu’une concentration élevée d’alcool était nécessaire pour conserver les matériaux organiques. Pour son travail, elle se sert surtout d’éthanol. Ce serait, selon elle, le plus efficace pour la conservation sur le long terme.

Pour la conservation de poisson par exemple, elle se sert d’abord de formol. C’est une solution contenant du gaz formaldéhyde dilué dans de l’eau. Elle l’utilise pour stopper les processus biologiques internes du poisson. Ensuite, elle prépare un mélange contenant 70% d’alcool et 30% d’eau dans lequel elle plonge le poisson. Pour elle, « 70% semble être le nombre magique. »

Ce mélange contient assez d’eau pour hydrater les tissus du spécimen et garder sa forme d’origine. D’autre part, il contient aussi suffisamment d’alcool pour prévenir l’apparition de bactéries et de moisissures. Katherine Maslenikov a déclaré qu’une trop haute concentration d’alcool finirait par déshydrater le spécimen à conserver.