Votre chat finira peut-être par manger votre cadavre

Les charognards raffolent des cadavres d’animaux, et ils n’ont aucun scrupule à dévorer le cadavre d’un humain qui aurait la malchance de mourir seul en pleine nature.

Mais saviez-vous que votre chat aussi est un opportuniste qui n’hésite pas à se délecter lui aussi de chair humaine s’il en a l’occasion ? C’est ce que montre une nouvelle étude où des chats sauvages ont été filmés en train de grignoter des cadavres humains dans un centre de recherche sur la décomposition des cadavres au Colorado.

Un chat en train de se reposer

Crédits Pixabay

Des chats sauvages mangeurs de cadavres humains

Les chercheurs expliquent dans leur rapport que l’étude du comportement des chats sauvages est importante en raison de leur prévalence aux États-Unis et dans le monde. “La compréhension des modèles et des comportements de ces charognards peut aider à distinguer les dommages tissulaires périmortem et post-mortem” sur les cadavres, expliquent-ils.

L’étude s’est déroulée dans un centre de recherche sur la décomposition des cadavres, à la station de recherche médico-légale de l’Université de Colorado Mesa, où des cadavres humains sont laissés à l’extérieur afin de permettre aux scientifiques d’observer les changements au fil du temps provoqués par l’environnement naturel. C’est là que les caméras ont filmé deux chats sauvages, nés et élevés à l’état sauvage, se faufilant dans le centre pour manger des cadavres.

Les deux chats sauvages, l’un tigré, l’autre noir, ont été observés à plusieurs reprises revenant chaque fois à des cadavres spécifiques pour se nourrir. Un tel comportement chez les chats n’est pas inconnu, bien que rarement documenté. Il a déjà été observé chez les chats de compagnie enfermés dans une maison avec un propriétaire décédé. Mais l’observer dans la nature pourrait aider les scientifiques à mieux cerner la place des chats parmi les charognards de cadavres humains.

Le premier chat, le tigré, a jeté son dévolu sur le cadavre d’une femme de 79 ans, dont le corps avait été refroidi avant d’être amené à l’établissement et étendu à l’extérieur pour l’étudier. Les dommages sur le cadavre ont indiqué que le chat s’était concentré sur les tissus mous du bras et de la poitrine gauche (la peau et la graisse principalement), près de l’endroit où des aiguilles avaient été placées sous la peau à des fins de recherche. Pendant 35 jours, il est revenu manger le corps presque tous les soirs, ne montrant absolument aucun intérêt pour les 40 autres cadavres exposés à proximité.

Le deuxième chat, le noir, s’est quant à lui intéressé au corps autopsié d’un homme de 70 ans. Il grignotait le long de l’incision d’autopsie sur l’épaule gauche, dévorant les tissus mous du bras gauche, de l’épaule et de l’abdomen. Le chat est revenu durant 16 nuits, a disparu pendant environ un mois, et est revenu visiter le corps deux nuits de plus. Étrangement, comme le chat tigré, lui aussi n’a pas montré d’intérêt pour aucun autre cadavre à proximité.

Une préférence pour la chair humaine fraîche et tendre

D’après les chercheurs, ces animaux préfèrent en général les morceaux doux et exposés du cadavre. Cela comprend notamment les mains, le nez, les lèvres ou les pieds. Si les chats sauvages ne se sont pas approchés de ces parties, c’est peut-être en partie parce que les corps étaient déshabillés et que d’autres parties du corps étaient plus accessibles. Mais chose intéressante, c’est que “dans les deux cas rapportés ici, les chats sauvages ont ciblé des zones où la peau avait été préalablement pénétrée”, écrivent les chercheurs.

Les deux chats ont également montré de l’intérêt pour les corps dans une décomposition relativement précoce. Les chats ont commencé à manger les cadavres à partir du moment où ils ont montré des signes précoces de décomposition, et ont disparu dès que la décomposition était avancée. Ce qui peut s’expliquer par la préférence des félins pour les tissus frais.

En plus de permettre d’approfondir l’analyse médico-légale, l’étude nous aide également à mieux comprendre nos amis félins. Si les chats sont des prédateurs nés, ils sont également opportunistes et n’hésiteraient pas à profiter d’une collation facile. Et on sait maintenant que, dans la nature comme à la maison, cette collation peut tout aussi bien être nous-mêmes !

La recherche a été publiée dans le Journal of Forensic Sciences.

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