Votre enceinte connectée sera peut-être bientôt capable de repérer les arrêts cardiaques

Lorsqu’une personne est atteinte d’un arrêt cardiaque, elle cesse soudainement de respirer ou aspire l’air. Cette seconde manifestation est appelée « respiration agonale ». D’après les données recueillies à travers les appels d’urgence, environ 50% des personnes subissant un AVC présentent une respiration agonale.

Dans ce cas, ses chances de survie peuvent doubler ou tripler si une Réanimation cardio-pulmonaire (RCP) est immédiatement appliquée.

Echo RED

Naturellement, si le patient n’est pas assisté par quelqu’un qui pourra alerter les secours à temps, il risque fort de ne pas survivre. Pourtant, selon les statistiques, la chambre à coucher est le lieu où se produit le plus fréquemment un arrêt cardiaque. La solution proposée par une équipe de chercheurs de l’Université de Washington semblerait efficace.

L’équipe a développé une application capable d’appeler les secours lorsqu’un patient fait un arrêt du cœur. Le programme fonctionne avec un haut-parleur intelligent, comme Google Home ou Amazon Echo, ou un smartphone.

Un bon biomarqueur audio

Souvent, lorsqu’une personne subit un AVC loin des hôpitaux, les secouristes assistent les patients à distance.

Ces derniers utilisent alors leur smartphone pour aider les médecins à reconnaître si le patient fait une respiration agonale.

« Ce type de respiration se produit lorsqu’un patient manque vraiment d’oxygène », a expliqué le Dr. Jacob Sunshine, professeur assistant en anesthésiologie et en médecine de la douleur à l’UW School of Medicine. « C’est une sorte de souffle guttural, et son caractère unique en fait un bon biomarqueur audio à utiliser pour identifier si une personne subit un arrêt cardiaque. »

Les chercheurs ont utilisé 162 appels enregistrés par les centres d’urgences entre 2009 et 2017.

Une fiabilité de 97%

Grâce à la base de données et à l’apprentissage automatique, le système est capable de reconnaître une respiration agonale, sans avoir besoin d’un contact avec le patient. D’après les tests, le programme fonctionne à 97% des cas, à condition que le patient ne soit pas à plus de six mètres de distance du haut-parleur ou du smartphone.

Avant d’entamer l’étape de la commercialisation, les chercheurs envisagent encore d’améliorer la technologie.

« Pour le moment, il s’agit d’une bonne preuve de concept utilisant les appels au 911 dans la région métropolitaine de Seattle », a déclaré Shyam Gollakota, professeur associé à la faculté d’informatique. « Mais nous devons avoir accès à davantage d’appels 911 liés aux arrêts cardiaques pour pouvoir encore améliorer la précision de l’algorithme et veiller à ce qu’il se généralise au sein d’une population plus large. »