Votre haleine peut maintenant en dire long sur la santé de vos poumons

Une équipe de chercheurs du MIT (Massachusetts, États-Unis) ont mis au point une nouvelle technologie permettant de surveiller la pneumonie bactérienne et le déficit en alpha-1 antitrypsine, une maladie génétique qui affecte les poumons. Cette technologie permet également de surveiller l’efficacité des traitements afférents.

La technique consiste en fait à analyser des nanoparticules spécialisées, qui sont d’abord inhalées puis expirées sous forme de gaz volatil en environ 10 minutes, quand le patient va les expirer. Les résultats des analyses de ces marqueurs vont ensuite permettre d’en savoir plus sur l’état de santé des poumons du patient.

Une femme qui expire de l'air

Photo de Claudio Scott. Crédits Pixabay

Bien qu’aucune toxicité n’ait été remarquée au cours d’une étude menée sur des souris, il serait indispensable de passer des tests de sécurité avant d’envisager l’utilisation de ce procédé chez l’homme, d’après les chercheurs derrière cette étude.

Des marqueurs spécialisés pour nous renseigner sur certaines maladies

Depuis plusieurs années, Sangeeta Bhatia, John et Dorothy Wilson, spécialisés en sciences et technologies de la santé, en génie électrique et en informatique au MIT, travaillent sur des « biomarqueurs synthétiques ». Des peptides non produits de manière naturelle par l’organisme humain, mais qui peuvent se détacher des nanoparticules lorsqu’ils rencontrent des enzymes appelées protéases.

L’équipe a tenté de modifier ces marqueurs de manière à ce qu’ils puissent réagir à différentes protéases liées à diverses maladies, notamment la pneumonie, le cancer de l’ovaire et le cancer du poumon. Une fois leurs objectifs atteints, les marqueurs seront ensuite excrétés par voie urinaire et analysés à l’aide d’une bandelette urinaire.

Et pour avoir des résultats plus rapides et éviter de potentielles difficultés lors de l’analyse des échantillons d’urine de patients déshydratés, des marqueurs détectables via l’expiration, sous forme de gaz (hydrofluoroamines) et combinés aux nanoparticules, ont été récemment conçus.

Vers un dispositif capable de détecter une infection au coronavirus

Pour tester l’efficacité de cette nouvelle technique, l’équipe a mené une expérience sur des rongeurs atteints de la pneumonie à Pseudomonas aeruginosa et de déficit en alpha-1antitrypsine.

On leur a administré les nanoparticules marquées par voie trachéale et environ 10 minutes après, une activité de l’élastase neutrophile, une protéase responsable d’inflammations conséquentes à ces maladies a été observée par analyse par spectrométrie de masse.

Actuellement, l’équipe planche sur l’élaboration de nouveaux dispositifs de détection plus faciles à manipuler que la spectrométrie de masse, voire même utilisables à domicile, un genre d’éthylotest.

Selon ces chercheurs, la possibilité de concevoir des marqueurs capables de détecter des protéases liées au virus SARS-CoV-2 ne serait pas à écarter en se basant sur cette technique révolutionnaire. Ce qui serait très pratique par les temps qui courent.