Mais au fait, votre voiture électrique peut-elle être hackée ?

Les voitures électriques sont largement convoitées parce qu’elles permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais leur côté high-tech ne présente-t-il pas des risques en matière de cybersécurité ?

L’industrie automobile se tourne de plus en plus vers les véhicules électriques et autonomes. Cette tendance soulève cependant des inquiétudes sur le risque de piratage. La partie connectée des modèles en circulation laisse encore à désirer. Plusieurs cas illustrent cela. Des chercheurs de l’université Ben Gourion du Néguev en Israël ont par exemple réussi à rendre dysfonctionnelle une voiture, seulement en projetant des images sur un mur, une route ou un panneau. 

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Le véhicule pouvait prendre une mauvaise direction ou freiner sans raison. Un chercheur de l’université belge de KU Leuven est même parvenu à pirater et voler une Tesla Model X. L’opération ne lui a pris que 90 secondes et 300 dollars de matériel.

Les véhicules électriques autonomes sont les plus sensibles au piratage. C’est en tout cas ce que postulent des scientifiques de l’université de Géorgie aux États-Unis qui ont récemment publié une étude dans la librairie digitale IEEE Xplore.

Les facteurs rendant le piratage possible

Le moteur d’une voiture électrique comprend plusieurs systèmes cyber-physiques complexes et intégrés. Ceux-ci nécessitent une surveillance et un contrôle constants pour garantir le fonctionnement et la sécurité de l’ensemble. Par ailleurs, des éléments – comme les fonctions de conduite automatique ou le régulateur de vitesse adaptatif – font partie d’une infrastructure en réseau. Ces outils peuvent potentiellement être accessibles par des tiers.

Cela est également vrai pour la connectivité accrue des voitures. Les points de recharge et les réseaux intelligents constituent des portes dérobées potentielles. De même, pour les systèmes embarqués et de données de bord.

Les constructeurs devraient améliorer leurs systèmes

Selon les chercheurs, deux signes permettent de reconnaître un piratage. Le premier est un dysfonctionnement du module d’accélération ou de la vitesse. Le deuxième signe est une baisse rapide de la capacité de la batterie.

 « Même si la recherche sur la cybersécurité des véhicules n’en est qu’à ses débuts et que le système de surveillance ne peut pas directement ramener le système dans une zone de sécurité, celui-ci peut alerter le conducteur pour qu’il réagisse en temps opportun », a expliqué Jin Ye, auteur de l’étude. Les chercheurs de l’université de Géorgie encouragent ainsi les constructeurs à proposer des pare-feux contre le piratage.