Vous avez le droit de changer d’avis

Les personnes inconstantes et changeantes ont une mauvaise image au sein de la société. Pourtant, changer d’avis n’est pas systématiquement mauvais, entre autres sur la question des vaccins.

Notre époque a fait de la force de conviction une valeur. Celle-ci est essentielle dans de nombreuses situations. Le combat pour la justice sociale, par exemple, demande de la cohérence et de la persistance. Nous vivons dans un monde en constante évolution. Les règles actuelles peuvent ne plus être applicables dans un contexte futur. Le caractère évolutif de la nature remet en question la force de conviction. Cela est le cas avec la pandémie de Covid-19 en ce moment. La vaccination semble être la seule option de sortie de crise. Les vaccins font pourtant l’objet d’une farouche opposition.

Une foule dense
Image par Free-Photos de Pixabay

La force de conviction s’appuie principalement sur de profonds processus psychologiques ou cognitifs. Ces derniers ne sont pas les seuls mécanismes à compliquer le changement d’avis.

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L’implication des forces sociétales

La cognition permet à un individu de constituer son propre système de croyances, de pensées, d’émotions et de comportements. Une personne privilégie les faits qui renforcent son système de croyances et de pensées. Ceux qui ne vont pas dans son sens seront minimisés afin d’éviter toute dissonance cognitive. Les gens s’accrochent ainsi à leurs convictions pour ne pas avoir à changer d’avis afin de ne pas avoir à réviser leurs pensées.

Les processus cognitifs aident à maintenir la cohérence de son discours. Art Markman – professeur de psychologie à l’université du Texas à Austin, aux États-Unis – considère que d’autres facteurs poussent à camper sur ses positions. Le psychologue américain évoque des forces sociétales.

Même en présence de nouvelles informations qui contredisent ses convictions, une personne peut ne pas changer d’avis pour afficher une cohérence vis-à-vis de la société. Le manque de consistance est capable de nuire considérablement à une réputation. Les individus qui partagent les mêmes convictions se rassemblent autour d’une communauté. Le refus de changer de position peut s’appuyer sur la loyauté à sa communauté. Les forces sociétales expliquent d’une certaine manière l’opposition aux vaccins contre le coronavirus.

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La contrainte comme prétexte

Les processus cognitifs poussent certaines personnes à minimiser, voire à ignorer, les preuves de l’innocuité et de l’efficacité des vaccins contre la Covid-19. Les forces sociétales peuvent aussi les amener à refuser la vaccination. L’obligation vaccinale offre la possibilité de résoudre ces deux situations. La contrainte n’altère en rien la conviction et la cohérence des gens. Elle permet aussi aux individus de sauver la face tout en se faisant vacciner.

La contrainte résout des situations, mais doit rester une option de dernier recours. Le caractère changeant des convictions peut donc ne pas être une faiblesse s’il permet de s’adapter dans un monde en constante évolution.